Augmentation des coûts d’assurance et de fret

La guerre au Moyen-Orient a engendré une situation sans précédent concernant le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique à l’océan Indien via le golfe d’Oman. L’Iran a affirmé son contrôle total sur cette zone stratégique après des attaques de drones contre des navires commerciaux. Le détroit est essentiel pour les exportations de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) des pays du Golfe, dont le Qatar dépend entièrement pour ses livraisons vers l’Asie. Chaque jour, 20 à 30% du pétrole mondial transite par ce passage étroit, large d’à peine 33 kilomètres avec des couloirs de navigation mesurant seulement trois kilomètres chacun. La menace de fermeture du détroit entraînerait l’arrêt des flux énergétiques et la stagnation des navires en attente. Face à ce risque, les armateurs envisagent de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les trajets de plusieurs milliers de kilomètres et augmentant considérablement le temps de navigation.

Explosion des primes d’assurance pour les risques de guerre

Cette crise a entraîné une explosion des primes d’assurance pour les risques de guerre. Avant la tension actuelle, ces primes représentaient environ 0,25% de la valeur du navire ; elles ont grimpé à 0,375%, avec des cas extrêmes où la prime est multipliée par dix. Par exemple, pour un tanker évalué à 100 millions de dollars, la prime a bondi de 250 000 à 375 000 dollars et peut dépasser 2,5 millions. Certains assureurs ont refusé de couvrir les traversées du détroit, obligeant les armateurs à chercher des alternatives plus coûteuses.

Les contraintes maritimes augmentent le coût des importations

Les clubs de protection et d’indemnisation (P&I), qui couvrent 90% du tonnage mondial, ont également résilié certaines garanties avec un préavis de 72 heures. Ces garanties concernent notamment les risques de guerre et les garanties offertes aux affréteurs. L’obstruction du détroit pourrait piéger certains navires dans le golfe Persique, donnant lieu à des demandes d’indemnisation pour blocage. Cette couverture n’est toutefois applicable qu’après une immobilisation de six mois ou plus.

Ces nouvelles contraintes obligent les compagnies maritimes à absorber des millions de dollars supplémentaires par voyage, augmentant ainsi les coûts de transport et rendant tous les produits importés plus chers. Cette situation accentue l’inflation mondiale et rappelle la vulnérabilité du commerce international face aux points de passage stratégiques. La crise pourrait néanmoins accélérer la transition énergétique et la diversification logistique.

La tension actuelle autour du détroit d’Ormuz révèle les risques liés à la concentration des flux commerciaux sur des itinéraires étroits et sensibles, soulignant l’importance de développer des alternatives pour assurer la sécurité et la stabilité du commerce mondial.