Neufs suspects écroués dans le cadre d’enquêtes sur des incendies volontaires à Jijel

Le parquet du pôle judiciaire national chargé de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée a ouvert trois enquêtes distinctes concernant des incendies volontaires survenus dans la wilaya de Jijel. Ces procédures ont abouti à l’arrestation de neuf individus, identifiés comme membres d’un réseau criminel, suite à des investigations menées par le service des recherches et investigations de la Gendarmerie nationale de Jijel. Les investigations s’inscrivent dans le contexte des feux de forêt qui ont affecté plusieurs wilayas du pays ces dernières semaines.

Jijel : neuf suspects arrêtés pour des incendies volontaires qui ont ravagé des forêts

Le premier dossier concerne trois hommes – Khaled Bouchama, Smail Bengara et Mourad Bouchloukh – dont l’incendie a débuté au lieu-dit Chaâbet Boumlidj, dans la commune de Chekfa. Les flammes, alimentées par le relief et le vent, ont dévoré une vaste zone forestière, touchant les communes d’Ouled Askeur et de Chahna, notamment via Djemaa Beni Habibi et Bordj Tahar. Des analyses scientifiques ont confirmé que le foyer initial correspondait à l’emplacement des trois suspects, qui ont finalement admis leur implication après confrontation avec ces éléments.

Incendies volontaires à Jijel : un réseau criminel mis à jour, des accusations de sabotage et d’incendie criminel

Un second dossier est centré sur Mahsoul Boualem, qui a été accusé d’avoir allumé un massif boisé au lieu-dit El Makharta, dans la commune de Selma Ben Ziada. Selon le parquet, il a utilisé une bougie coupée en deux morceaux, disposés séparément pour résister au vent. L’analyse des lieux et les déclarations de l’individu ont corroboré cette description. Des opérations de lutte contre les incendies étaient en cours dans les communes de Selma Ben Ziada au moment de l’enquête, impliquant des unités de la Protection Civile et des moyens aériens lourds.

Le troisième dossier concerne cinq individus portant le même nom, Zait, qui ont allumé un feu près d’un verger dans la zone de Mechna Ramlia, sur le territoire de la commune de Bouraoui Belhadef. Une séquence vidéo a été récupérée, montrant les individus scandant une formule de satisfaction devant les flammes. Cette pratique de filmage des actes criminels, observée également dans d’autres affaires récentes en Kabylie et à Sétif, a permis d’identifier les auteurs présumés.

Les neuf personnes interpellées sont poursuivies pour sabotage exposant la vie, la sécurité et les biens des citoyens au danger, conformément à l’article 87 bis du code pénal, et pour incendie volontaire de biens forestiers, en application de l’article 138 de la loi sur les forêts et les richesses forestières. Cette qualification juridique s’inspire des procédures déjà mises en œuvre dans un cas similaire à Constantine, impliquant un réseau criminel démantelé et ayant abouti à des poursuites pénales.