Gazoduc transsaharien : Alger évoque une participation russe

L'Algérie pourrait élargir le cercle des partenaires internationaux impliqués dans la construction du gazoduc transsaharien (TSGP), une infrastructure majeure destinée à acheminer le gaz naturel nigérian vers l'Europe via le Niger. Des entreprises russes sont susceptibles de prendre part aux travaux de cette liaison reliant trois pays, une piste évoquée lors des récentes discussions diplomatiques entre Alger et Moscou.

Lors de sa rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tenue à Moscou le 27 octobre 2026, Ahmed Attaf, chef de la diplomatie algérienne, a évoqué cette perspective. Les deux parties ont examiné les conditions requises pour permettre aux sociétés russes de participer aux travaux liés aux infrastructures de transport du gaz. Avant ce sommet bilatéral, le ministre algérien avait eu un entretien avec Mohamed Arkab, ministre des Hydrocarbures, en coordination avec l'ambassadeur d'Algérie en Russie. Concernant l'avancement du dossier, Ahmed Attaf a déclaré : « Les choses avancent très bien et nous allons conclure le contrat. »

Un partenariat technique en cours de finalisation

Selon les déclarations du ministre Attaf, les deux parties travaillent à la finalisation des derniers éléments de l'accord envisagé. Cette coopération technique concernerait également le Niger, qui constitue l'un des trois pays traversés par le futur gazoduc. Le groupe russe TMK, spécialisé dans la fabrication de tubes en acier pour le transport des hydrocarbures, figure parmi les partenaires potentiels identifiés. L'éventuelle implication de sociétés russes s'inscrit dans le cadre de la coopération énergétique existante entre Alger et Moscou, sans modifier la structure fondamentale du partenariat établi entre les trois États concernés.

Lire aussi : Gazoduc transsaharien : le ralliement du Nigeria renforce la position d’Alger

Une infrastructure de plus de 4 000 kilomètres déjà en chantier

Long de plus de 4 000 kilomètres, le gazoduc transsaharien reliera le Nigeria à l'Europe en traversant le Niger et l'Algérie. Avec une capacité annuelle estimée entre 20 et 30 milliards de mètres cubes, ce projet vise à acheminer le gaz naturel nigérian vers les marchés européens en s'appuyant sur le réseau gazier et les infrastructures d'exportation algériens. La réalisation de l'ouvrage est pilotée par trois entreprises nationales : Sonatrach pour l'Algérie, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) pour le Nigeria et Sonidep pour le Niger.

Les travaux du tronçon algérien ont débuté en juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, sous la conduite de Sonatrach. Cette section suit le corridor de la route transsaharienne, depuis la frontière algéro-nigérienne jusqu’au centre national de dispatching de Hassi R’Mel. Ce dernier point de convergence regroupe plusieurs infrastructures de transport du gaz naturel. Une fois le gaz arrivé à Hassi R’Mel, il pourra emprunter le réseau algérien existant pour rejoindre les installations d’exportation. Le lancement global du projet est prévu pour 2030, tandis que les sections prévues au Nigeria et au Niger doivent assurer la continuité de l’acheminement depuis les gisements jusqu’à la frontière algérienne.