Le secteur des viandes rouges en Algérie fait face à un déficit de production estimé à 50 000 tonnes par an. Cette situation, soulignée par Fateh Afrit, membre du Conseil interprofessionnel des viandes, met en lumière la nécessité d’une restructuration urgente de la filière.
Déficit de viandes rouges : 50 000 tonnes par an, quelles conséquences ?
La faiblesse de la production s’observe dans toutes les filières. En particulier, le secteur bovin est touché par un déficit significatif. Actuellement, l’Algérie compte environ 2 millions de têtes de bétail (bovins), face à plus de 30 millions d’ovins et 3 millions de caprins.
Les besoins moyens annuels en viandes rouges s’établissent à 370 000 tonnes. Pour combler ce déficit, les importations ont été renforcées depuis le début de l’année 2026. Au total, 8 288,59 tonnes ont été importées, réparties entre viande bovine fraîche (carcasse) pour 1 643,99 tonnes et viande bovine conditionnée sous vide pour 5 812,9 tonnes. De plus, la viande ovine fraîche (carcasse) a représenté 831,7 tonnes.
Stratégies gouvernementales pour combler le déficit et réformer la filière
L’Algérienne des viandes rouges (Alviar) a importé un volume important de bétail vivant pour le mois de Ramadan : 62 594 têtes de moutons et 7 063 têtes de bovins. En plus, une importation supplémentaire est prévue avec 21 689 têtes de moutons et 3 982 têtes de bovins.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a lancé un programme national d’extension des projets d’engraissement local et d’encouragement à l’élevage dans les wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud. Il prévoit également la réhabilitation des abattoirs régionaux, amélioration de la chaîne de froid et du transport.
L’investissement nécessaire est omniprésent tout au long de la chaîne de valeur, allant de la production à la transformation en passant par la logistique. Il est particulièrement important d’investir dans l’élevage de vaches de race viande pour augmenter la production locale. Une spécialisation génétique entre production laitière et viande rouge est également nécessaire.
Pour une meilleure organisation de la filière, il est recommandé d’organiser les éleveurs en coopératives spécialisées Viandes rouges. Cela permettrait une meilleure traçabilité des produits tout en sensibilisant le public à travers l’organisation périodique de rencontres et de salons spécialisés.