Séjour en France : une Algérienne se retrouve dans l’impasse

Laounia, une ressortissante algérienne installée en France depuis 24 ans, se retrouve dans une situation administrative complexe. Installée à Aubagne, près de Marseille, elle est mère de cinq enfants nés en France et a bénéficié récemment d’un titre de séjour valable pour dix ans.

La situation administrative complexe de Laounia

La demande de renouvellement de ce titre a été déposée le 18 novembre auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Cependant, l’attente administrative s’est prolongée pendant plusieurs semaines sans réponse. Sans un titre de séjour valide, Laounia a perdu progressivement ses droits sociaux et d’emploi.

Les allocations familiales (CAF) et l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) ont été suspendues. Elle a également perdu son emploi d’aide à la personne dans une maison de retraite, entraînant une perte importante de revenus et des difficultés financières. Pour subvenir aux besoins alimentaires de ses enfants, elle utilise les Restos du Cœur.

Impact et enjeux des retards dans le renouvellement du titre de séjour

Les contacts répétés avec la préfecture n’ont pas engendré de réponse immédiate. Finalement, quatre jours après l’absence de titre, elle a reçu une autorisation provisoire de séjour valable trois mois. Ce cas est loin d’être isolé : plusieurs associations alertent sur les retards observés dans le renouvellement du titre de séjour.

La Cimade a interpellé les autorités sur des délais excessifs, notant que ces problèmes ne sont pas circonscrits à un cas unique. Les longs délais de traitement engendrent non seulement la perte d’emplois et de droits sociaux pour de nombreuses personnes, mais aussi une instabilité administrative qui génère une angoisse constante chez les ressortissants établis depuis de longues années.

La situation de Laounia illustre que 24 années de vie en France, cinq enfants français de naissance et une insertion professionnelle n’ont pas suffi à éviter la précarité. La dématérialisation des procédures administratives, qui devait simplifier les choses, a engendré un engorgement des services préfectoraux, rendant difficile l’obtention de réponses rapides et mettant en lumière des situations humaines dramatiques.