L’Algérie vise à sécuriser sa consommation en eau potable et libérer des ressources pour l’agriculture face aux défis climatiques, notamment par le dessalement d’eau de mer. Selon Brahim Mouhouche, membre du CNRST, 67 % de l’eau potable sera issue du dessalement d’ici 2030, alors qu’actuellement ce processus assure déjà 47 % des besoins en eau potable. Cette stratégie permettra de réorienter les ressources vers l’agriculture, qui couvre actuellement 75 % des besoins alimentaires des citoyens. Le potentiel des eaux usées traitées est estimé à 1,5 milliard de mètres cubes par an et pourrait irriguer environ 800 000 hectares. De plus, le Sud algérien possède un réservoir d’eau évalué à 50 000 milliards de mètres cubes. Brahim Mouhouche plaide pour une modernisation technique, incluant la mécanisation et l’agriculture intelligente, ainsi que l’intégration de la numérisation pour améliorer le recensement agricole, assurer un suivi rigoureux de la qualité des produits et optimiser la gestion du secteur.
Dessalement d’eau de mer : l’Algérie vise 67% en 2030
L’approche algérienne visant à sécuriser sa consommation en eau potable tout en libérant des ressources pour l’agriculture par le dessalement d’eau de mer et la modernisation technique constitue une réponse stratégique aux défis climatiques.
Cette stratégie nécessite un investissement significatif dans les technologies de dessalement, qui sont coûteuses en termes d’énergie et d’infrastructures. Cependant, l’Algérie peut tirer parti des avancées technologiques pour réduire ces coûts à long terme. Par exemple, la mise en place de systèmes de dessalement utilisant l’énergie solaire pourrait non seulement améliorer l’efficacité énergétique mais aussi minimiser les impacts environnementaux.
Modernisation agricole et utilisation des eaux usées pour renforcer la sécurité hydrique
La modernisation technique et l’intégration de la numérisation dans le secteur agricole sont également cruciales pour soutenir cette transition. La mécanisation des fermes, couplée à l’agriculture intelligente, permettra une gestion plus efficace des ressources en eau et un rendement agricole optimal. Les systèmes de surveillance automatisés peuvent détecter les besoins d’irrigation avec précision, réduisant ainsi la consommation d’eau et améliorant la qualité des produits finaux.
L’utilisation efficace des eaux usées traitées pour l’agriculture est un autre aspect important de cette stratégie. Ces eaux peuvent être utilisées pour irriguer les cultures sans compromettre leur qualité, ce qui libère davantage d’eau douce pour le dessalement et la consommation domestique. Cette approche permet non seulement d’économiser des ressources mais aussi d’améliorer la santé environnementale en réduisant l’impact négatif des eaux usées sur les cours d’eau.
Le potentiel du réservoir d’eau souterrain dans le Sud algérien offre une source supplémentaire de sécurité hydrique. Cependant, son exploitation doit être gérée avec soin pour éviter un épuisement précoce des ressources et assurer la durabilité à long terme. Des études approfondies sont nécessaires pour comprendre l’ampleur exacte de cette réserve d’eau et les moyens de l’exploiter de manière durable.
L’approche algérienne visant à sécuriser sa consommation en eau potable tout en libérant des ressources pour l’agriculture par le dessalement d’eau de mer et la modernisation technique constitue une réponse stratégique aux défis climatiques. Cette approche nécessite un investissement significatif dans les technologies innovantes, mais elle promet un avenir plus sûr et durable pour le pays en termes de ressources hydriques et agricoles.