Attaques répétées contre l’Algérie : Boualem Sansal franchit définitivement la ligne rouge

Boualem Sansal a tenu des propos lors d’une conférence à Casablanca fin octobre, organisée par le site Le360, qui dépassent selon les observateurs le cadre de la simple critique politique. Ces déclarations, perçues comme hostiles à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Algérie, sont accusées de servir les thèses du Makhzen marocain et de certains lobbies de l’extrême droite en France et en Israël. L’auteur est reproché d’avoir franchi une ligne rouge en multipliant les prises de position favorables aux positions de Rabat et en reprenant des discours jugés attentatoires à la mémoire nationale algérienne.

La ligne éditoriale de ce journaliste se dessine depuis plusieurs années, marquée par des récits contestés concernant les frontières algériennes. Son positionnement s’est nettement illustré le 29 juillet 2026, lorsqu’il a accordé un entretien à la radio israélienne Kan Reshet Bet. Au cours de cette discussion, il a exprimé son « amitié » et sa proximité avec Israël. Il a également classé les événements du 7 octobre 2023 parmi « les plus grandes atrocités de l’histoire », tout en imputant à l’Algérie une complicité indirecte avec les responsables qu’il désigne. En revanche, son discours omet totalement le sort des plus de 74 595 Palestiniens tués par l’armée sioniste, incluant femmes, enfants et civils innocents, ainsi que celui des 175 834 blessés touchés par la campagne d’anéantissement.

Une dérive perçue comme instrumentalisée

Les critiques soulignent que décrire l’Algérie comme un pays qui « prépare la guerre », tandis que le Maroc « joue au judo » et gagne sans combattre, revient à caricaturer sa politique et ses intentions. L’association du pays à une « aventure guerrière » est vue comme une banalisation des sacrifices de la Guerre de Libération. Ces propos ravivent des controverses territoriales qui heurtent la mémoire nationale et portent atteinte à la figure de ceux qui ont combattu pour l’indépendance. Pour les détracteurs de Sansal, imputer à l’Algérie des visées agressives transforme la dissidence en un outil au service d’intérêts extérieurs, visant à isoler ou déstabiliser le pays.

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L’argumentation repose sur la mémoire de la lutte algérienne, culminant avec la Révolution du 1er Novembre 1954. Des personnalités telles que Emir Abdelkader, Lalla Fatma N’Soumer, Cheikh El Mokrani, Cheikh Aheddad et Cheikh Bouamama ont jeté les fondations de cet État et symbolisé le courage des générations passées. L’effort de guerre mené par Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi, Mostefa Ben Boulaïd, Krim Belkacem et Didouche Mourad, soutenu par des milliers de combattants anonymes, a entraîné la mort de plus de 1,5 million de martyrs. Cette trajectoire historique, qui a permis l’indépendance en 1962, est perçue non comme un mythe ou un outil politique, mais comme le fondement de la dignité du peuple algérien.

Les relations de Sansal avec des milieux hostiles au pays sont interprétées comme une convergence de positions qui interroge la cohérence de ses prises de parole. Sous couvert de dissidence, ses déclarations ne modifient pas, selon cette analyse, la trajectoire nationale algérienne, qui se poursuit dans le respect de son histoire et de sa souveraineté. La différence de traitement observée, marquée par une sévérité absolue envers l’Algérie et une indulgence envers d’autres acteurs, fragiliserait la crédibilité de sa posture. La mémoire nationale est défendue comme un élément non négociable, tandis que la critique politique reste légitime tant qu’elle ne remet pas en cause l’intégrité territoriale du pays.