Algérie-Pays-Bas : relance d’un dialogue politique vieux de quatre siècles

Lundi, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a accueilli à Alger son homologue néerlandais, Tom Berendsen, présent pour une visite de travail les 2 et 3 novembre 2026. Cette rencontre diplomatique importante a porté sur la relance des dispositifs institutionnels communs, l’actualisation du cadre juridique bilatéral ainsi que sur la promotion des investissements néerlandais dans des domaines prioritaires tels que la transition énergétique, l’hydraulique et l’agro-industrie.

Relance institutionnelle et coopération économique

La rencontre s’est tenue au siège du ministère des Affaires étrangères, sur le plateau des Annassers. Après un entretien en tête-à-tête, les discussions se sont poursuivies avec les délégations officielles des deux États. Le communiqué officiel issu de cette séance qualifie ce déplacement de démarche visant « la poursuite du dialogue politique entre les deux parties et la concrétisation de leur volonté commune de renforcer la dynamique qui caractérise les relations bilatérales ».

Les deux ministres ont rappelé l’ancienneté de leurs liens, soulignant une amitié et une coopération qui perdurent depuis plus de quatre siècles, en référence aux premiers traités de paix et de commerce signés au début du XVIIe siècle entre la Régence d’Alger et les Provinces-Unies. Alger et La Haye souhaitent désormais orienter ce legs historique vers « des horizons plus larges, répondant à leurs aspirations communes et redonnant à la coopération bilatérale son élan et sa vitalité ».

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Pour matérialiser cette convergence, une feuille de route opérationnelle a été arrêtée. Elle prévoit la prise de « mesures concrètes à même d’insuffler une dynamique renouvelée aux relations bilatérales », en commençant par la réactivation de la Commission mixte de coopération économique et technologique ainsi que des consultations politiques régulières. Les délégations ont également convenu de mettre à jour et d’élargir l’architecture juridique régissant leurs échanges, afin de fournir un cadre sécurisé et incitatif pour les opérateurs économiques des deux pays.

Sur le plan géoéconomique, la visite prend une dimension stratégique dans un contexte où les Pays-Bas, via leur port de Rotterdam, cherchent à sécuriser leurs approvisionnements durables en Méditerranée. Les discussions ont porté sur les secteurs prioritaires définis par Alger : hydrocarbures conventionnels, énergies renouvelables, hydrogène vert, gestion intégrée des ressources en eau, agriculture saharienne et industries agroalimentaires. L’expertise néerlandaise en agrotechnologie, cultures sous serre à haut rendement et traitement des eaux a retenu une attention particulière, s’inscrivant dans la stratégie algérienne de sécurité alimentaire et hydrique. Pour favoriser ces échanges, les deux responsables ont appelé à intensifier les contacts directs entre le patronat algérien et les entreprises néerlandaises, notamment par l’organisation de forums d’affaires sectoriels.

Dossiers migratoires et questions internationales

Le volet humain et sécuritaire a constitué un autre axe majeur des échanges. Ahmed Attaf et Tom Berendsen ont débattu des moyens d’approfondir la coordination opérationnelle dans les domaines de la migration et des affaires consulaires. Ils ont privilégié une approche équilibrée, combinant mobilité régulière, coopération administrative et lutte contre les réseaux de traite humaine.

Cette réunion bilatérale a également offert aux deux responsables l’occasion d’examiner en profondeur les enjeux régionaux et internationaux qui touchent leurs intérêts respectifs. Qu’il s’agisse de l’évolution de la situation au Proche-Orient, de la stabilité dans la bande sahélo-saharienne, de la sécurité en Méditerranée occidentale ou encore de la question du Sahara occidental, Alger et La Haye ont souligné leur engagement envers le multilatéralisme et le respect du droit international, qu’elles considèrent comme les seuls moyens permettant une résolution durable des conflits.