Kamel Baddari, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a présidé hier la sixième réunion multisectorielle dédiée au suivi de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA). Cette instance a permis de faire le point sur les avancées concrètes du plan d'action, en examinant notamment les travaux des commissions thématiques organisées autour des grands axes stratégiques définis par l'État.
Lors de cette séance, l’« état d’avancement des travaux des commissions thématiques formées selon les grands axes stratégiques » a été détaillé lors d’un exposé présenté aux participants. La réunion a également porté sur les infrastructures numériques et le traitement des données, deux piliers essentiels de la stratégie algérienne.
Avancement des projets et formation doctorale
Le gouvernement a précisé les modalités d'exécution liées à l'acquisition des équipements et à la gestion des données. Le communiqué ministériel indique que « le plan de mise en œuvre relatif à l’axe des données et à l’acquisition des infrastructures nécessaires, les différentes opérations, les délais de réalisation, ainsi que les indicateurs de suivi et de performance ayant été définis avec précision, dont l’exécution débutera à compter du 11 novembre en cours ».
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Sur le volet technologique, des progrès significatifs ont été constatés dans le développement des modèles de langage. Il a notamment été fait état de « la présentation de l’état d’avancement de la réalisation d’un modèle linguistique dédié à la législation fiscale algérienne, sachant que 98% des documents juridiques et réglementaires pertinents ont été collectés ». Cette avancée s'inscrit dans une logique d'adaptation des outils IA aux spécificités juridiques locales.
La question de la formation de haut niveau a également été abordée, avec un focus particulier sur le doctorat en intelligence artificielle. Les autorités ont présenté « un recensement préliminaire des propositions de 46 établissements universitaires prêts à s’impliquer dans le projet d’école de doctorat en IA et des écoles de doctorat thématiques dans les domaines prioritaires, qui permettront de traiter les préoccupations fondamentales de chaque secteur ». Pour concrétiser cette dynamique, il est prévu « de finaliser la rédaction du projet d’arrêté d’habilitation de la formation d’ici 15 jours et d’annoncer le calendrier d’organisation du concours ».
Cadre stratégique et ambitions nationales
Cette stratégie nationale, dont le projet a été examiné en mai dernier lors d'une réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, repose sur trois leviers fondamentaux : la donnée, les infrastructures numériques et les compétences humaines. Ces éléments sont considérés comme les piliers d'une capacité nationale durable en matière d'IA. Après son adoption formelle par le Conseil des ministres, elle fera l'objet de plans d'actions détaillés pour un déploiement opérationnel selon des priorités et un rythme de progression préétablis.
L'objectif affiché par Alger est de « franchir une étape supplémentaire » dans sa transformation numérique. Selon le Premier ministère, l'Algérie entend « franchir une étape supplémentaire dans la construction d’un modèle de développement fondé sur la connaissance, l’innovation et la maîtrise des technologies émergentes ». Cette feuille de route vient compléter la Stratégie nationale de transformation numérique à l'horizon 2030, qui vise à intégrer les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'ensemble des secteurs pour soutenir le développement socioéconomique et rendre l'administration plus efficace et transparente.
Adoptée fin décembre 2024, cette stratégie avait été annoncée à l'occasion de la clôture de la troisième édition de la Conférence africaine des start-up à Alger, en présence du ministre de l'Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah. Merouane Debbah, président du Conseil scientifique de l’IA, avait alors souligné que la démarche s'articule autour de six axes majeurs, incluant la recherche scientifique, la création d'un environnement favorable à l'IA, le développement des capacités locales et l'accompagnement des start-up. Il avait également insisté sur la nécessité de disposer de centres de données et de cibler des secteurs prioritaires tels que l'agriculture, la santé et l'industrie.
Selon Debbah, des moyens financiers spécifiques ont été affectés par les autorités publiques pour ancrer « le leadership de l’Algérie dans le domaine de l’IA au niveau africain ».