Le gouvernement portugais a officialisé le durcissement des critères d’accès à la citoyenneté, avec une durée de résidence légal désormais comprise entre sept et dix ans selon l’origine du demandeur. Cette évolution majeure, qui remplace l’exigence antérieure de cinq ans, découle de l’approbation, lors du Conseil des ministres du jeudi 29 octobre 2026, d’un décret-loi fixant les modalités d’application de la législation nationale. Ce texte réglementaire précise les procédures administratives applicables aux dossiers de naturalisation, notamment l’évaluation des connaissances des candidats, la vérification de leurs ressources financières et la collecte de leurs données biométriques.
Ces mesures s’inscrivent dans le prolongement de la loi organique du 18 mai 2026, adoptée par le Parlement en avril dernier et entrée en vigueur le lendemain. Si cette loi posait le cadre général, plusieurs dispositions nécessitaient des précisions techniques que le décret approuvé fin octobre vient désormais combler. Selon le ministère portugais de la Justice, ces nouvelles règles s’appliquent strictement aux demandes déposées à compter du 19 mai 2026 ; les dossiers introduits avant cette date continuent de relever des conditions antérieures.
Des exigences renforcées sur le plan linguistique et institutionnel
La réforme impose une évaluation plus approfondie de l’ancrage des candidats dans la société portugaise. Les demandeurs doivent démontrer leur maîtrise de la langue portugaise, ainsi que leurs connaissances de l’histoire, de la culture et des symboles nationaux. Ils sont également tenus de connaître les droits et devoirs fondamentaux liés à la citoyenneté et le fonctionnement des institutions politiques du pays. En complément, les candidats doivent justifier de ressources financières suffisantes et déclarer leur adhésion aux principes fondamentaux de l’État de droit démocratique.
António Leitão Amaro, ministre de la Présidence, a présenté ces mesures comme un moyen de renforcer les liens entre les candidats à la naturalisation et la société portugaise. Dans le même temps que cette réforme, les pouvoirs publics entendent alléger les formalités bureaucratiques via la digitalisation des processus et une circulation plus fluide des données entre les diverses administrations. Par ailleurs, l’exécutif a officialisé la désignation de César Teixeira au poste de directeur de l’Agence pour l’intégration, la migration et l’asile (AIMA), succédant ainsi à Pedro Portugal Gaspar.
Cette prise de fonction s’inscrit dans un climat de tension opérationnelle marqué par une hausse de 60 % des rendez-vous pris en 2026 comparativement à l’exercice précédent. L’institution a également pris en charge 185 000 individus et géré près de 500 000 communications téléphoniques. Si la fédération syndicale des techniciens spécialisés dans l’immigration a salué ce changement de direction, elle persiste à exiger des réformes sur les effectifs, la structuration du travail et les circuits administratifs.