Le ministère de la Défense nationale a annoncé ce jeudi le démantèlement de deux organisations criminelles opérant de part et d’autre des frontières. Cette opération antidrogue, menée à Alger, a permis l’interpellation de trente-trois individus, dont un mineur, ainsi que la saisie de plus d’un million de comprimés psychotropes. Ces faits s’inscrivent dans la stratégie nationale de prévention contre les drogues, précise le communiqué officiel.
L’intervention a été réalisée mercredi 4 novembre par les agents du service de lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes de la Gendarmerie nationale à Alger. Le butin récupéré témoigne de l’ampleur du dispositif mis au jour : outre les cachets hallucinogènes, les enquêteurs ont saisi 30 kilogrammes de cocaïne et 176 kilogrammes de kif traité. La saisie comprend également 21 véhicules utilitaires et 200 millions de centimes en numéraire.
Une logistique structurée et la montée en puissance de la cocaïne
La flotte de véhicules immobilisés suggère une organisation logistique rodée, ces utilitaires servant habituellement à fractionner les cargaisons et à les déplacer vers les zones de consommation du Nord. La présence de 30 kilogrammes de cocaïne confirme une tendance observée tout au long de l’année. Longtemps marginale dans les bilans algériens, cette substance apparaît désormais dans presque chaque grande affaire. Fin octobre, les policiers de Tamanrasset avaient intercepté 69 kilogrammes dissimulés dans un camion frigorifique en partance vers le nord du pays.
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Un mois plus tôt, l’Armée nationale populaire avait stoppé un convoi armé dans le même secteur militaire. Plus de 80 kilogrammes avaient été récupérés dans trois véhicules utilitaires, accompagnés d’une mitrailleuse et d’un pistolet-mitrailleur Kalachnikov. L’extrême sud reste ainsi le corridor privilégié des narcotrafiquants venus du Sahel. Quant au kif traité, les 176 kilogrammes saisis à Alger s’ajoutent à un flux continu en provenance de l’ouest, que les services de sécurité attribuent régulièrement aux filières marocaines.
Le recours aux mineurs et la poursuite des actions sécuritaires
La présence d’un adolescent parmi les trente-trois personnes arrêtées interroge sur les méthodes de recrutement des réseaux. Ce détail, mentionné par le ministère de la Défense nationale, n’a rien d’anecdotique. Les organisations de trafic recrutent de plus en plus jeune pour le transport et la distribution de détail, les mineurs servant souvent de guetteurs ou de passeurs. Leur statut pénal particulier en fait des maillons jugés moins risqués par les responsables de filières, une dérive sur laquelle les éducateurs et les associations alertent depuis plusieurs mois dans les quartiers populaires de la capitale.
Le MDN assure que les unités de l’ANP poursuivront leur action avec fermeté contre les réseaux criminels impliqués dans la contrebande. L’objectif affiché reste le démantèlement complet de ces structures et la sécurisation du territoire.