L'établissement hospitalier de la Sûreté nationale Bachir Ben Djeha, basé à Alger, a réalisé vendredi 6 novembre 2026 les premières interventions chirurgicales en Algérie destinées au traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate via la technique HoLEP. Cette procédure, qui mobilise le laser Holmium pour retirer les tissus prostatiques volumineux par les voies naturelles sans incision externe, marque une étape significative dans l'évolution des pratiques urologiques spécialisées dans le pays.
Les opérations ont été supervisées par le Dr Fernando Gómez Sancha, spécialiste espagnol reconnu comme l'un des développeurs de cette méthode à l'échelle internationale. L'intervention repose sur la libération des tissus concernés à l'aide du laser, suivie de leur extraction selon une méthode dite « en monobloc », permettant ainsi d'éliminer les causes de l'obstruction urinaire.
Transmission scientifique et encadrement institutionnel
Cette opération a transcendé la simple dimension technique pour devenir un temps fort d'échange scientifique auprès des spécialistes algériens. Les médecins des structures hospitalières régionales de la Sûreté nationale, basées à Oran et Sidi Bel Abbès, ont pu suivre les différentes phases des interventions via une retransmission en visioconférence. En parallèle, plus de 100 urologues algériens ont assisté aux opérations en direct depuis l'hôtel Mercure d'Alger, dans le cadre d'une coordination avec l'Association algérienne des urologues.
Déployée sur deux journées, cette rencontre médicale s'inscrit dans la volonté de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) de se tenir informée des dernières évolutions médicales et de tirer parti de l'expertise internationale. L'établissement Bachir Ben Djeha affiche par ailleurs l'ambition de consolider les compétences locales et d'optimiser la qualité du parcours de soins des patients.
Pathologie, diagnostic et options thérapeutiques
Fréquente chez les hommes au-delà de la cinquantaine, l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) se manifeste par une croissance du volume de la glande située sous la vessie. Cette dilatation peut comprimer le canal urinaire, provoquant divers symptômes comme des difficultés à démarrer la miction, un jet faible ou intermittent, des mictions nocturnes fréquentes, une sensation de vidange incomplète ou des gouttes résiduelles. Distincte du cancer de la prostate, cette pathologie requiert néanmoins un suivi médical rigoureux afin de prévenir l'apparition de complications.
Le diagnostic repose sur un examen clinique par un urologue, incluant l'interrogatoire du patient, le toucher rectal, l'analyse d'urine, la prise de sang avec dosage éventuel du PSA et une échographie pour évaluer le volume prostatique et la fonction vésicale. La prise en charge varie selon l'intensité des symptômes et l'état général du patient : une simple surveillance peut suffire pour les troubles légers, tandis que des traitements médicamenteux sont prescrits pour faciliter l'évacuation urinaire ou ralentir l'augmentation du volume.
Lorsque les médicaments ne suffisent pas ou que des complications surviennent, une intervention chirurgicale est envisagée, comme la résection endocopique ou la technique HoLEP. Le choix de la méthode dépend du profil individuel du patient et doit être discuté avec un spécialiste. Il est crucial de consulter rapidement en cas d'impossibilité soudaine d'uriner, de présence de sang dans les urines ou de douleurs, car ces signes constituent des urgences médicales nécessitant une évaluation immédiate.