À Lodève, dans l'Hérault, la communauté musulmane fait face à une série d'actes hostiles ciblant directement leur lieu de culte. Ces dégradations, découvertes mardi 27 octobre 2026, interviennent dans un contexte de tension accrue, moins de six jours après l'agression raciste et islamophobe survenue à Trappes. L'incident local a provoqué une vive indignation, conduisant à un rassemblement spontané mercredi 28 octobre devant la mosquée pour condamner ces agissements et exprimer les préoccupations des fidèles face au climat pesant sur la communauté.
Les auteurs ont tagué à la peinture rouge des menaces explicites sur les lieux. On y a relevé « Islam dehors » inscrit sur la boîte aux lettres, ainsi que « la valise ou le cercueil » apposé sur un carton. Devant l'entrée du bâtiment, des œufs cassés, de l'huile déversée au sol et un oiseau mort ont également été déposés. Ces actes, perpétrés en une seule nuit vraisemblablement au cours du week-end, ont été signalés dès leur découverte par des fidèles aux responsables du lieu de culte.
Une mobilisation locale contre un climat de haine
Les responsables de la mosquée ont vivement condamné ces propos qualifiés de « profondément choquants ». Ils ont souligné que « derrière ces intimidations et cette haine ciblée se trouvent des familles, des enfants et des habitants qui doivent pouvoir exercer leur culte en toute sérénité, à l’abri de toute menace ». Un fidèle, témoignant auprès de France 3, a décrit l'escalade de la situation : « C’est un lieu fréquenté par mes proches. Si nous pensions initialement à un fait isolé, la gravité a franchi un cap avec la découverte du message sur la boîte aux lettres. »
La population locale dénonce un « climat particulièrement lourd ». Un habitant installé à Lodève depuis plus de trois décennies a affirmé que « Les autorités ont été saisies, car ces actes ne doivent pas rester impunis ». Il a rappelé le caractère inédit de ces événements dans une commune qu'il décrit comme cosmopolite : « Lodève est une commune cosmopolite. Un tel événement est sans précédent : ici, quelle que soit notre foi — catholique, musulmane ou juive —, nous n’avons jamais connu de conflits religieux. »
Une centaine et demie de participants, incluant le premier magistrat et des figures d'autres cultes, ont pris part à ce rassemblement. Cette initiative intervient dans un contexte où la tragédie du 25 avril 2025 reste présente à l'esprit : ce jour-là, Aboubakar Cissé, 22 ans, avait été poignardé alors qu'il priait à la mosquée de La Grand-Combe, dans le Gard.