Le Fonds monétaire international (FMI) accorde un nouvel avis positif à l'Algérie, soulignant les avancées significatives réalisées par le pays pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Dans une note publiée sur son site officiel, l'institution de Washington estime que les efforts déployés « commencent à porter leurs fruits ». Cette évaluation positive s'appuie sur une trajectoire de croissance stable et une diversification progressive des sources de revenus nationaux.
L'analyse du FMI met en lumière plusieurs piliers qui soutiennent cette mutation économique. L'institution cite notamment les richesses naturelles du pays, le volume des investissements publics, la dynamique des réformes en cours ainsi que la proximité géographique de l'Algérie avec les marchés européens et africains. Ces atouts structurels permettent au pays de capitaliser sur des secteurs non énergétiques tout en maintenant une base solide dans l'exportation d'énergie.
Une diversification soutenue par les grands chantiers
Selon la publication du FMI, l’Algérie « a réalisé des progrès encourageants vers une économie plus diversifiée ». Cette appréciation se fonde sur l'augmentation de la part des activités non pétrolières dans le produit intérieur brut réel ainsi que dans les exportations de marchandises. Les recettes tirées des ventes hors hydrocarbures ont également progressé récemment, confirmant l'efficacité des politiques mises en place pour stimuler la production nationale et promouvoir les ventes à l'étranger.
Le document détaille les chantiers prioritaires qui structurent cette stratégie. Le secteur minier occupe une place centrale, aux côtés des programmes visant à consolider la sécurité alimentaire et hydrique, deux priorités assumées par les pouvoirs publics depuis plusieurs années. La modernisation des infrastructures de transport et des circuits commerciaux fait également partie intégrante de cette démarche. Cette amélioration des réseaux vise à optimiser la desserte intérieure et à connecter davantage le pays à ses partenaires commerciaux, facilitant ainsi l'accès aux débouchés extérieurs pour les filières industrielles algériennes, dont certaines ont atteint l'autosuffisance.
Concernant la dimension administrative, le FMI accorde une importance particulière à la révision des cadres juridiques relatifs à l’investissement, au foncier et au secteur minier. Le Guichet unique national de l’investissement est mis en avant comme un moyen de réduire les formalités pesant sur les initiateurs de projets, s’inscrivant ainsi dans une démarche globale visant à optimiser la gouvernance et à faciliter les transactions.
Des perspectives de croissance ancrées dans la durée
Les projections économiques accompagnent ce discours favorable. En septembre, le FMI tablait sur une expansion du produit intérieur brut de 3,8 % pour 2026, après une hausse de 3,7 % en 2024 puis de 3,9 % l'année suivante. Les activités hors hydrocarbures, qui avaient progressé de 4,3 % en 2025, devaient maintenir une croissance supérieure à 4 %. Ces chiffres plaçaient le PIB algérien en tête du Maghreb à l'horizon 2026, au quatrième rang à l'échelle continentale, une position déjà anticipée par les services du Fonds au printemps dernier.
Le Fonds n'occulte cependant pas la place centrale de l'énergie. L'Algérie demeure parmi les principaux fournisseurs du continent dans ce secteur et maintient des liens commerciaux étroits avec ses clients européens. Selon l'institution, les hydrocarbures demeurent l'un des « points forts » de l'économie nationale.
La diversification reste un processus de long terme. Transformer ces indicateurs positifs en mutation durable nécessite d'attirer davantage de capitaux privés et de renforcer la compétitivité face à la concurrence régionale. Le FMI insiste régulièrement sur ce point dans ses évaluations : la réussite de la diversification se joue sur la durée, bien au-delà d'un simple exercice budgétaire.