Achats immobiliers en Espagne: les Algériens surpassent Britanniques et Néerlandais

À Alicante, la nationalité algérienne s'impose comme la première force d'achat étrangère sur le marché immobilier local. Au premier trimestre 2026, les ressortissants du pays ont finalisé 104 transactions, devançant ainsi les Ukrainiens, les Italiens, les Français et les Britanniques. Cette performance s'inscrit dans la continuité d'une année 2025 marquée par 439 acquisitions enregistrées, confirmant l'ancrage croissant de cette communauté sur ce segment spécifique du marché espagnol.

Ce dynamisme se détache nettement du contexte national, où les achats immobiliers réalisés par des étrangers connaissent un ralentissement généralisé. La province d'Alicante conserve toutefois son attractivité, soutenue par son littoral méditerranéen et des liens économiques et familiaux forts avec plusieurs pays européens, dont l'Algérie.

Une stratégie d'achat distincte des autres nationalités

L'approche des acheteurs algériens diffère significativement de celle observée chez les Britanniques ou les Néerlandais. Alors que ces derniers privilégient souvent les résidences secondaires situées sur la Costa Blanca, les Algériens concentrent leurs efforts sur les quartiers résidentiels de la ville d'Alicante elle-même. Leurs cibles principales incluent les zones de Carolinas, Virgen del Remedio, Altozano et les abords de la Plaza de Argel.

Les budgets mobilisés pour ces opérations se situent généralement entre 85 000 et 125 000 euros. Ces montants correspondent à l'acquisition d'appartements anciens d'une surface approximative de 75 à 80 m². Il convient de préciser que ces chiffres constituent des estimations basées sur les prix locaux constatés, et non une moyenne officielle des transactions réalisées par les nationaux algériens.

Sur le plan financier, une particularité marque cette clientèle : la préférence marquée pour les paiements au comptant. Cette pratique s'explique en partie par les difficultés d'accès au crédit immobilier espagnol pour les non-résidents originaires de pays extérieurs à l'Union européenne. De plus, les restrictions pesant sur les transferts internationaux de devises ajoutent une couche de complexité procédurale. Tout achat suppose alors de justifier l'origine des fonds et de respecter scrupuleusement les règles bancaires applicables aux mouvements de capitaux.

Une communauté installée qui nourrit la demande

L'empreinte des Algériens dans cette zone ne se limite pas au secteur du logement. D'après les chiffres du padrón tenus par l'Institut national espagnol de statistique et relayés par Maghreb Émergent, la province d'Alicante abrite entre 16 000 et 17 000 ressortissants du pays. Ce volume correspond à près d'un quart, soit environ 25 %, de la population algérienne établie en Espagne.

Cette communauté entretient des liens familiaux et économiques étroits avec l'Algérie. Les logements acquis remplissent diverses fonctions : ils peuvent servir de résidence secondaire, accueillir des proches ou accompagner un projet d'installation durable. Cette dynamique se distingue de celle observée ailleurs dans la province, où les Britanniques et les Néerlandais dominent toujours le marché immobilier côtier. En revanche, dans la seule ville d'Alicante, les Algériens occupent la première place des acheteurs étrangers.

Cette tendance fait écho aux échanges historiques passés entre les deux côtés de la Méditerranée. Au XIXe siècle, plus précisément dès les années 1840, une vague d'émigration avait conduit de nombreux habitants de la région d'Alicante vers l'Algérie, en particulier dans la zone d'Oranie. De nos jours, ce sont les achats immobiliers qui matérialisent cette connexion, désormais inversée, et soutenus par des familles ainsi que des investisseurs algériens.