Hydrocarbures : dopé par ses succès en Algérie, l’italien Eni revoit ses ambitions à la hausse pour 2026

Eni renforce sa stratégie de croissance internationale en s’appuyant sur ses opérations algériennes, tout en relevant ses prévisions financières pour 2026. Le groupe énergétique italien, présent dans le pays depuis 1981, consolide ainsi sa position grâce à des partenariats stratégiques avec Sonatrach et à des résultats trimestriels solides qui soutiennent ses ambitions d’expansion.

Des contrats majeurs et une coopération élargie

La présence d’Eni en Algérie repose sur plusieurs périmètres d’exploration et de production, notamment Zemoul El Kbar, Reggane II et Touat. Le 7 juillet 2025, Eni et Sonatrach ont formalisé leur collaboration sur Zemoul El Kbar, situé dans le bassin de Berkine à environ 300 kilomètres à l’est de Hassi Messaoud, via la signature d’un contrat de partage de production couvrant une superficie d’environ 4 200 km². Cet accord, d’une durée initiale de 30 ans prolongeable de dix ans, inclut une phase de recherche de sept ans et mobilise des investissements prévus de 1,35 milliard de dollars, dont 110 millions dédiés spécifiquement à l’exploration. La production totale estimée sur la durée du contrat atteint 415 millions de barils équivalent pétrole, incluant 9,3 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Parallèlement, Eni a sécurisé des droits sur le périmètre Reggane II avec son partenaire thaïlandais PTTEP, suite à l’appel d’offres algérien de 2024, et a porté sa participation dans la licence de Touat à 42,9 %. Cette dynamique contractuelle s’inscrit dans un cadre de coopération plus large : le 23 juillet 2025, les deux groupes ont signé à Rome un protocole d’accord visant à développer leurs activités conjointes dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et la transition énergétique. Selon le communiqué d’Eni, ces initiatives pourraient accroître la production de gaz jusqu’à 5,5 milliards de mètres cubes par an d’ici 2028, soutenues par des investissements globaux supérieurs à 8 milliards de dollars. L’accord prévoit également la prolongation des contrats de fourniture de gaz algérien destinés à l’Italie. En 2024, la production d’Eni en Algérie, représentant sa part dans les différents projets, s’élevait à environ 137 000 barils équivalent pétrole par jour.

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Des prévisions financières relevées pour 2026

Le 23 octobre 2026, Eni a communiqué ses résultats en relevant ses prévisions financières. Le géant italien table désormais sur des flux de trésorerie opérationnels ajustés de 16,5 milliards d’euros pour l’exercice complet. Au cours du troisième trimestre, sa production d’hydrocarbures a totalisé 1,83 million de barils équivalent pétrole par jour, marquant une hausse sous-jacente de 7 % par rapport à l’année précédente. L’entreprise projette une progression annuelle de cette production sous-jacente se situant entre 6 et 7 %.

En parallèle, le groupe a augmenté son programme de rachat d’actions jusqu’à 3,8 milliards d’euros et dévoilé un dividende exceptionnel de 1,3 milliard d’euros, attendu pour décembre. Côté comptes, le résultat opérationnel ajusté s’est chiffré autour de 6 milliards d’euros, portant le bénéfice net ajusté à 2,8 milliards d’euros. À la fin du mois de septembre, la dette nette s’élevait à 6,7 milliards d’euros, ce qui correspondait à un ratio d’endettement ajusté de 9 %.