Le P-DG du groupe Sonatrach, Nourredine Daoudi, s’est rendu ce samedi 24 octobre 2026 sur le littoral de Tlemcen, à Marsa Ben M’Hidi, pour inspecter le chantier du futur complexe d’Aïn Adjroud. Ce déplacement avait pour but de vérifier l’avancement des travaux de cette station de dessalement destinée à produire 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour. Au terme de sa visite, le dirigeant a constaté que les cadences étaient conformes aux attentes, tout en exigeant un accélération supplémentaire pour garantir le respect strict du calendrier contractuel.
Pour atteindre cet objectif, Nourredine Daoudi a décidé de basculer les travaux en régime 3×8. Cette organisation implique le relais continu de trois équipes sur le site, sans interruption, afin de comprimer les délais de réalisation. Le responsable du groupe pétrolier a également instruit les équipes de chantier d’identifier proactivement les obstacles potentiels et de trouver des solutions immédiates à toute difficulté détectée. La coordination entre les différents intervenants doit, selon ses directives, être resserrée pour optimiser la fluidité des opérations.
La délégation accompagnant le P-DG comprenait Fouzia Zemali, secrétaire générale de la wilaya de Tlemcen, Ahcene Bada représentant l’Algerian Energy Company (AEC), ainsi que Hamid Hamlich, à la tête de Cosider. Plusieurs cadres dirigeants du groupe national étaient également présents lors de cette inspection technique.
Une capacité de production équivalente à celle d’Oran
Une fois opérationnelle, l’usine d’Aïn Adjroud alimentera près de 3 millions d’habitants répartis dans les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès et Saïda. Cette infrastructure s’inscrit dans le Programme national de dessalement, qui constitue un pilier de la stratégie algérienne face au stress hydrique. Avec son volume de production annoncé, la station rejoint la station du Cap Blanc à Oran, qui fonctionne désormais à son régime nominal depuis l’été dernier. Ensemble, ces deux installations forment l’épine dorsale de l’approvisionnement en eau de l’Ouest algérien.
Le groupe Sonatrach déploie une stratégie active le long du littoral national. En juillet dernier, Nourredine Daoudi a inauguré le chantier d’une nouvelle unité de production à Skikda, capable de traiter 140 000 mètres cubes par jour, avec une priorité accordée aux besoins industriels locaux. Cette expansion se traduit également par une forte activité dans d’autres régions : à Tizi Ouzou, treize sites ont été retenus pour l’implantation d’une infrastructure comparable, gérée par l’Algerian Desalination Company. Cette démarche s’appuie sur une analyse détaillée des zones côtières d’Azeffoun et d’Iflissen, qui a permis d’identifier davantage d’opportunités d’installation.
Les résultats industriels commencent à se concrétiser. En septembre, l’AEC a annoncé que le site d’Oran avait franchi le seuil des 100 millions de mètres cubes produits depuis son démarrage. Cet indicateur témoigne de la fiabilité des équipements conçus pour un fonctionnement continu. Face aux épisodes de sécheresse prolongés qui fragilisent les barrages et les nappes souterraines, la sécurité hydrique algérienne s’appuie de plus en plus sur ces ressources non conventionnelles, moins dépendantes de la pluviométrie. Chaque nouvelle unité mise en service réduit ainsi la vulnérabilité du pays aux aléas climatiques, occupant une place centrale dans l’architecture nationale de l’eau.