Sonatrach a rendu public son rapport annuel couvrant l’exercice 2025, document faisant état des revenus encaissés par le premier groupe économique algérien durant cette période. Cette publication officielle, qui détaille les agrégats financiers, les volumes produits et commercialisés ainsi que les dépenses engagées dans l’amont et l’aval, intervient au moment où le débat budgétaire est particulièrement intense au Parlement. Les données de 2025 servent désormais de référence pour évaluer la trajectoire financière du pays, notamment concernant les exportations, la fiscalité pétrolière et l’effort d’investissement consenti par la compagnie.
Une accélération des investissements et des découvertes
Parmi les données du rapport, le budget alloué aux investissements retient particulièrement l'attention. Alors que Sonatrach y avait affecté 5,3 milliards de dollars l'an dernier, ce montant a progressé : Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, a confirmé devant les parlementaires que le groupe avait dépassé les 6 milliards de dollars en 2026. Cette dynamique s'accompagne d'une accélération des opérations sur le terrain, avec dix-sept gisements repérés depuis le début de l’année grâce aux forages réalisés par les équipes internes de la compagnie. Ce rythme soutenu reflète la priorité donnée au renouvellement des réserves, nécessité accrue par le coût croissant des techniques de récupération requises pour maintenir la production dans les anciens champs sahariens.
Des recettes records et des arbitrages budgétaires
En prenant 2025 comme référence, les performances récentes montrent une amélioration notable des conditions de marché. Sur les neuf premiers mois de 2026, l'exportation d'hydrocarbures a généré 37,5 milliards de dollars pour l'Algérie, soutenue par un prix moyen du baril algérien proche des 97 dollars. La pression fiscale sur le secteur pétrolier a évolué dans le même sens, atteignant 2 841 milliards de dinars, un total supérieur aux estimations budgétaires initiales. Selon les données de l'OPEP, le brut a assuré environ 233 milliards de dollars de recettes au Trésor public entre 2016 et 2025, soulignant ainsi la place centrale de cette ressource dans les finances nationales.
Lire aussi : Sonatrach lance un grand plan pour explorer plus d’hydrocarbures
Dans ce contexte, la publication du rapport intervient alors que les députés examinent le projet de loi de finances pour 2027, un texte dont l’équilibre dépend largement des recettes énergétiques. Lors des discussions en commission, la question des tarifs à la pompe a retenu l’attention. Interrogé par les parlementaires, le ministre a écarté toute augmentation du prix des carburants pour 2027, tout en rappelant que les produits énergétiques restent vendus en Algérie à des niveaux très inférieurs aux cours internationaux. Sur le plan international, la compagnie conserve son attractivité auprès des majors, comme en témoigne le partenariat avec l’italien Eni, qui demeure l’un des piliers de la stratégie du groupe en Afrique du Nord tandis que la compagnie transalpine renforce ses engagements dans l’exploration et la production.