Bab El Mandeb : Le détroit devient un enjeu majeur du conflit au Moyen-Orient

Le conflit régional au Moyen-Orient concentre les analyses sur le détroit de Bab El Mandeb. Ce détroit, reliant la mer Rouge au canal de Suez et à la Méditerranée, est devenu un enjeu central de la guerre en cours. Cette importance s'est accrue en raison du blocage du détroit d'Ormuz et de son rôle traditionnel dans l'exportation pétrolière de l'Arabie saoudite.

Selon des analystes, le conflit pourrait entraîner une transformation de la géographie régionale, passant d'une alliance entre les Houthis et l'Iran à un contrôle direct de Bab El Mandeb. Cette situation perturberait fortement le trafic maritime en mer Rouge et pourrait affecter le trafic vers le canal de Suez. Le détroit de Bab El Mandeb, l'un des plus fréquentés au monde, a pris plus d'importance depuis le blocage américain et iranien du détroit d'Ormuz.

Situé entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, ce passage maritime permettait à l'Arabie saoudite d'exporter ses hydrocarbures vers la mer Méditerranée via l'oléoduc Est-Ouest, qui a été la cible de récentes attaques houthies. Jusqu'à présent, il constituait une route commerciale stratégique pour le trafic de marchandises et d'hydrocarbures en direction de la mer Méditerranée. Un éventuel blocage de ce détroit aurait un impact significatif sur la chaîne d'approvisionnement mondiale et augmenterait les coûts d'importation pour les pays du bassin méditerranéen.

Les analystes soulignent que le conflit pourrait transformer sa géographie en passant d'une alliance entre Houthis et l’Iran, à un contrôle de Bab El Mandeb. Ce qui perturberait fortement le trafic en mer Rouge et pourrait affecter le trafic à destination du canal de Suez.

Les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) pourraient être perturbées. Les estimations indiquent que le blocage du détroit de Bab El Mandeb pourrait perturber 8% des expéditions mondiales de GNL. Cette situation pourrait exacerber les tensions sur les marchés pétroliers et entraîner une crise énergétique. Les cours du baril de Brent de la mer du Nord ont atteint 108,26 dollars, en hausse de 2,44% hier vers 9h30 GMT.

Environ un quart du trafic maritime mondial transite par ce couloir. Un éventuel détournement des navires pourrait engendrer des coûts économiques importants et des retards dans les livraisons, provoquant un choc économique mondial. Les conséquences s'étendent au transport, à l'énergie, à l'inflation et aux chaînes d'approvisionnement. L'intensité des craintes concernant l'économie mondiale est accrue compte tenu de cette proportion importante du trafic maritime mondial qui utilise ce passage.