Anthropic révèle une opération d’influence émiratie

Le rapport d’Anthropic révèle l’existence d’une opération d’influence orchestrée depuis les Émirats arabes unis, ciblant spécifiquement les Frères musulmans. Cette opération, menée via un réseau d’influenceurs et de fausses organisations non gouvernementales, a été identifiée par Anthropic sous le pseudonyme «Deadshot». Le rapport, publié le 10 septembre 2026, documente une période allant de décembre 2025 à août 2026 et établit un lien, avec un degré de confiance élevé, entre cette opération et des responsables du gouvernement émirati.

Le réseau «Deadshot» a employé environ 300 comptes d’influenceurs fictifs pour orienter le débat public sur des sujets tels que les Frères musulmans et la guerre au Soudan. L’entreprise a également mis en place une organisation-écran, se présentant comme une ONG suisse, pour publier des rapports sur les droits de l’homme. Des témoignages, préparés selon des consignes précises, ont été destinés à être présentés devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le rapport détaille également une phase de surveillance ciblée, visant à identifier et à dresser des profils de 18 membres du Parlement européen et de journalistes influents, ainsi que des rapporteurs spéciaux de l’ONU ayant critiqué la conduite des Émirats au Soudan.

Ces révélations s’alignent sur les mises en garde antérieures du président algérien Abdelmadjid Tebboune concernant l'implication des Émirats dans les crises régionales. Dès mars 2024, M. Tebboune avait accusé les Émirats d’alimenter les foyers de tension au Mali, en Libye et au Soudan, affirmant que « partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent ». Cet avis s’est renforcé cet été, lorsque le chef de l’État algérien qualifiait les Émirats d’ « État minuscule » à l’impact régional « très négatif », et a déclaré « là où ils mettent le pied, le sang coule ».

Le 10 septembre 2026, l’Algérie a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, suite à des « agissements provocateurs ». Un délai de 48 heures a été accordé à l’ambassadeur émirati pour quitter le pays. Cette rupture s’inscrit dans un contexte de soupçons d’ingérence émiratie dans les affaires algériennes, notamment en relation avec les crises au Mali, en Libye et au Soudan.

L'existence de cette opération d'influence s'ajoute à d'autres accusations. Amnesty International avait précédemment relevé la réexportation d'armes utilisées par les Forces de soutien rapide au Soudan via les Émirats arabes unis. Un institut de recherche allemand avait, en mai 2026, qualifié les Émirats arabes unis d’un des acteurs extérieurs les plus déstabilisateurs dans plusieurs conflits africains, notamment en Libye, en Somalie, au Soudan et en Éthiopie. La documentation de cette opération par Anthropic confère une nouvelle crédibilité aux avertissements de Tebboune, transformant des suspicions en éléments documentés.

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