Le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 17 septembre, met en évidence une diminution continue des réserves mondiales d’eau douce. Le document, synthétisant les observations de 2025 et les tendances des cinq années précédentes, s’appuie sur des données nationales, des observations satellitaires et des simulations hydrologiques. L’étude révèle une instabilité croissante du cycle de l’eau et une prévisibilité réduite de ses paramètres.
Rapport de l’OMM : diminution des réserves mondiales d’eau douce observée en 2025
«En 2025, les cours d’eau de la planète ont connu l’une de leurs années les plus sèches depuis plus de trois décennies», indique le rapport. Plus de 36% des bassins hydrographiques mondiaux ont enregistré des débits inférieurs à la normale. Seule 34 à 38% des bassins présentant des conditions considérées comme «normales» ont maintenu ces caractéristiques, contre une moyenne de 46% sur la période 1991-2020. Les débits ont été anormalement bas dans des régions clés, notamment les bassins de l’Amazone et de la Plata en Amérique du sud, en Afrique centrale et orientale, en Asie centrale et au Moyen-Orient.
«Nous épuisons le compte d’épargne de la planète», a déclaré la Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo. La diminution des réserves d’eau se manifeste dans les sols, les lacs, les nappes phréatiques, la neige et la glace. Les données révèlent que les eaux souterraines, les glaciers et l’accumulation saisonnière de neige, qui servent de réserves face aux périodes de sécheresse, sont en déclin.
«Nous sommes en train de vider ce compte d’épargne. Les réserves mondiales des eaux continentales présentent une tendance à la baisse depuis 2014-2016, soit un signal persistant depuis une décennie», a précisé Celeste Saulo. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont enregistré une perte nette de masse glaciaire. Au cours de l’année hydrologique 2025, les glaciers ont perdu environ 408 gigatonnes de masse.
«Près des deux tiers des puits surveillés dans le monde ont par ailleurs affiché en 2025 des niveaux qui s’écartaient de leur norme historique, avec une évolution davantage orientée vers le déficit qu’en 2024», a rapporté l’OMM. Les déficits d’eau ont été particulièrement marqués dans des régions telles que l’europe centrale et orientale, le centre des États-Unis, certaines parties du Mexique, le nord et le centre du Chili, le nord-est et le centre-ouest du Brésil, le nord de l’Afrique du sud, le nord-ouest de l’Inde et certaines régions du sud de l’Australie.
Selon la Secrétaire générale de l’OMM, «L’eau ne respecte pas les frontières». Le bilan hydrique d’un bassin fluvial peut dépendre de ce qui se passe dans un autre pays. Le recul d’un glacier dans un pays modifie la disponibilité de l’eau pour des populations situées à des centaines de kilomètres en aval.
«C’est précisément pour cette raison que nous avons besoin de mettre en commun des données, des normes et des alertes précoces», a conclu Celeste Saulo.