Le secteur de l’électronique en Algérie est en pleine mutation, avec un accent mis sur le développement d’une production plus avancée que le simple assemblage. Cette transformation s’est manifestée lors d’un événement intitulé « Afterworks », organisé le 23 septembre à Alger, autour de l’entreprise Bomare Compagny, un acteur majeur de l’électronique algérienne. L’objectif principal de ces échanges était de déterminer le moment précis où une entreprise passe d’une logique d’assemblage à une véritable maîtrise industrielle.
La question de la maîtrise industrielle au cœur d’un débat sur l’électronique algérienne
Produire localement constitue une première étape essentielle, conformément à l’orientation actuelle du secteur et à des analyses antérieures. Cependant, les participants à l’Afterworks ont souligné que la fabrication locale ne garantit pas une souveraineté industrielle réelle. Ils ont insisté sur le fait que la fabrication locale constitue un socle, et non un aboutissement. La simple production locale ne suffit plus à répondre aux enjeux de l’autonomie technologique et industrielle de l’Algérie.
Plusieurs indicateurs permettent de distinguer une entreprise en simple assemblage d’une entreprise réellement intégrée. Parmi ceux-ci, l’intégration progressive de nouvelles opérations de fabrication est un facteur déterminant. De même, la maîtrise des processus de fabrication est un élément crucial. La montée en compétence des équipes techniques, le développement du savoir-faire interne et la capacité à résoudre localement des problématiques industrielles, sans dépendre systématiquement d’un appui extérieur, sont également des critères essentiels. Ces éléments constituent une trajectoire de fond, dépassant largement la simple question de la fabrication.
Le taux d’intégration, souvent utilisé comme indicateur, a été relativisé lors de ces échanges. Les intervenants ont reconnu son utilité, mais ont souligné qu’il ne mesure pas à lui seul la maîtrise technologique réelle d’un site de production. D’autres dimensions, telles que la qualité, l’ingénierie, la capacité d’innovation et la maîtrise des procédés, sont considérées comme tout aussi déterminantes. Ces critères englobent un ensemble de compétences et de capacités qui dépassent la simple proportion de composants fabriqués localement.
Au-delà de l’assemblage : une approche sectorielle pour l’Algérie
La réussite de cette transformation nécessite une approche collaborative impliquant de nombreux acteurs de l’industrie. Il s’agit de construire une culture industrielle et technologique durable autour de l’électronique en Algérie. Cette dynamique dépasse l’entreprise elle-même et nécessite l’implication de fournisseurs, sous-traitants, ingénieurs, bureaux d’études, centres de compétences et acteurs de la recherche. Cette approche rejoint des dynamiques déjà observées dans d’autres secteurs de l’industrie nationale, notamment dans le secteur automobile, où certaines pièces sont désormais fabriquées localement grâce à une chaîne de sous-traitance élargie. La coopération entre différents acteurs de la chaîne de valeur est donc essentielle pour favoriser la création de valeur en Algérie.
Ces premiers échanges, faisant partie d’une série d’« Afterworks » consacrés à la trajectoire de Bomare Compagny, devraient permettre d’approfondir ces questions dans les prochains mois. L’objectif est de définir une feuille de route claire pour accompagner cette transition vers une industrie électronique véritablement intégrée et autonome. La construction de cette culture industrielle et technologique durable représente un enjeu majeur pour l’avenir du secteur en Algérie.