Sahara occidental : pourquoi la Maison-Blanche freine l’enthousiasme du Makhzen

Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump, a apporté des nuances aux positions des États-Unis concernant le conflit du Sahara occidental, contestant l’idée d’un règlement rapide et unilatéral. Lors d’une interview accordée à France24, il a souligné l’absence de solution immédiate au conflit, confirmant que les cycles de négociations n’ont pas encore abouti à un accord définitif et il n’y a pas de solution imminente (…) il n’existe pas, à l’heure actuelle, de solution qu’on puisse sentir ou toucher, comme il l’a déclaré. Cette position s’éloigne de ce que les autorités marocaines, notamment via le Makhzen, avaient présenté comme un accord imminent suite aux récentes résolutions de l’organisation des nations unies, en particulier la résolution 2797.

Massad Boulos douche les espoirs d’un accord imminent

L’émissaire américain a qualifié les discussions de «constructives (mais) que les médiateurs attendent toujours les retours et commentaires du Front Polisario concernant le plan d’autonomie». Cette formulation est significative, car elle indique que les États-Unis, via Massad Boulos, ne considèrent pas le plan d’autonomie du Front Polisario comme une solution viable à ce stade. Il a également précisé que «ne pouvait pas imposer de solution de force au Front Polisario mais pouvait l’encourager à négocier». Cette approche reflète une volonté de maintenir un dialogue et d’éviter une intervention directe ou coercitive de la part des États-Unis.

Massad Boulos a démenti l’existence d’un blocage algérien, qualifiant l’Algérie de «très bon partenaire» des États-Unis et soulignant son «rôle constructif dans les discussions». Il a précisé que alger, ne pouvait pas imposer de solution de force au Front Polisario mais pouvait l’encourager à négocier. Cette déclaration est une réponse directe aux pressions exercées par rabat, qui avait exigé une «pression américaine maximale et immédiate» pour forcer le Front Polisario à accepter le plan d’autonomie.

En réponse à ces demandes, Washington a adopté une posture différente, indiquant que «Washington préférait attendre la réponse du Front Polisario sans lui fixer d’ultimatum». Cette approche, comme l’a souligné Massad Boulos, est une stratégie de patience et d’observation, privilégiant une réponse américaine calibrée en fonction de l’évolution des positions du Front Polisario. Cette position a été perçue comme un coup d’arrêt aux attentes marocaines d’une action rapide et déterminée de la part des États-Unis.