Italie – visas de travail : faux emplois et demandes de paiement exorbitantes

Des travailleurs marocains ont investi des sommes importantes, atteignant jusqu’à 10 000 euros, dans le cadre d’un système visant à obtenir des visas de travail en Italie. L’enquête, menée à Grosseto, en Toscane, a révélé que ces visas étaient obtenus en échange de promesses d’emploi fictives. « Decreto Flussi » a été détourné.

Visa de travail en Italie : système de faux emplois et 10 000€ exigées.

L’affaire a conduit au placement en détention provisoire d’un entrepreneur italien et de son épouse, une ressortissante marocaine. Ils sont soupçonnés de favoriser l’immigration clandestine en détournant le dispositif légal italien du « Decreto Flussi ». Selon le média italien il Tirreno, les candidats devaient verser 100 000 dirhams, équivalant à environ 10 000 euros, pour obtenir une promesse d’embauche et les démarches nécessaires à leur départ.

Les migrants recevaient effectivement des documents leur permettant d’entrer en Italie. Cependant, une fois sur place, les emplois annoncés par les entreprises liées aux suspects s’avéraient être fictifs. Sans emploi ni revenus, les migrants se retrouvaient dans des logements proposés par le même réseau, à un coût d’environ 250 euros par mois et par personne.

Des sommes supplémentaires, jusqu’à 1 000 euros, ont été réclamées à certains travailleurs pour obtenir de fausses fiches de paie, dans le but de maintenir leur situation administrative. Certains ont été contraints d’accepter de petits emplois non déclarés pour subvenir à leurs besoins et payer ces sommes.

Une véritable comptabilité parallèle a été mise au jour, comprenant des noms de travailleurs, des acomptes, des soldes en euros et en monnaie marocaine, ainsi que plusieurs contrats de fourniture de main-d’œuvre. L’un de ces contrats représentait près de 500 000 euros. Certaines entreprises mentionnées dans ces documents ignoraient leur existence, tandis que d’autres avaient cessé leur activité, étaient en faillite ou étaient enregistrées au nom de personnes décédées.

31 entrées et 22 visas dans le viseur des enquêteurs

Les investigations ont permis d’identifier 31 entrées illégales en Italie et 22 visas d’entrée irréguliers. Les sommes ont été encaissées au Maroc et en Italie. Le juge a ordonné le placement en détention provisoire du couple, motivant cette décision par un risque de récidive et d’altération des preuves. Des témoins potentiels ont subi des pressions, selon les enquêteurs.

L’affaire met en lumière les risques associés aux intermédiaires qui promettent des emplois, des visas et un séjour régulier en Europe, moyennant des sommes importantes. Plusieurs candidats pensaient emprunter une voie légale vers le travail en Italie, mais se sont retrouvés sans l’emploi pour lequel ils avaient payé.