La Banque d’Algérie a mis en œuvre une série de mesures visant à faciliter l’accès des ménages aux services bancaires, prenant effet le 1er octobre 2026. Ces changements, résultant d’une note adressée aux banques le 29 juillet 2026, sont motivés par l’objectif de renforcer l’inclusion financière et de diversifier l’offre de services. La note, numéro 03, stipule que les établissements financiers doivent adopter une approche « diligente et adaptée » des besoins des clients.
Six obligations définies par la Banque d’Algérie
La note détaille six obligations que les banques doivent respecter. Premièrement, il s’agit de simplifier et d’accélérer les procédures d’accès aux services bancaires, réduisant les délais de traitement des demandes. Deuxièmement, les banques sont tenues de traiter les demandes concernant l’ouverture de comptes, les paiements, les services monétiques, le financement et l’épargne, y compris les produits de la finance islamique. Troisièmement, il est demandé aux établissements de diversifier leur offre de produits pour mieux répondre aux besoins des ménages. Quatrièmement, la note vise à étendre la couverture géographique des services bancaires en renforçant le réseau d’agences et les canaux numériques. Cinquièmement, les banques doivent garantir l’accessibilité des services aux personnes à mobilité réduite et aux personnes âgées, ainsi qu’à tous les clients nécessitant une prise en charge adaptée. Enfin, la note exige que les banques améliorent l’information et le conseil offerts à leurs clients afin d’encourager une utilisation accrue de leurs produits.
En cas de non-respect des obligations
La note ne fixe pas de délais chiffrés pour l’ouverture d’un compte ou l’obtention d’un crédit, ni ne prévoit de sanctions en cas de non-respect. Cependant, la Banque d’Algérie a précédemment imposé un délai de 48 heures pour le domicilier une opération d’exportation, avec des mesures de contrôle en cas de retard non justifié. Pour les clients rencontrant des difficultés, un règlement de la Banque d’Algérie, en vigueur depuis avril 2025, encadre le traitement des réclamations. Les clients peuvent formuler une réclamation par écrit, à laquelle la banque doit répondre dans un délai de dix jours, en fournissant une réponse écrite claire et détaillée. En cas de non-réponse ou de réponse insatisfaisante, les clients peuvent saisir le régulateur, en utilisant un formulaire de recours disponible sur son site web, qui peut ensuite transmettre le dossier à la Commission bancaire.
Ces changements s’inscrivent dans un contexte plus large de mesures prises par la Banque d’Algérie cette année, notamment la mise en place de l’allocation touristique par carte de paiement internationale, le développement des formules de finance islamique, et l’exigence d’un compte et d’une carte de paiement pour l’inscription au Hadj 2027. L’évaluation des effets concrets de ces nouvelles obligations sur le terrain reste à déterminer.