Hausse des salaires en Algérie : Tebboune confirme l’intégration des 53 % restants au budget 2027

L'Algérie s'apprête à franchir une étape décisive dans la politique salariale du pays. Le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé, lors de sa rencontre hebdomadaire avec les représentants de la presse nationale diffusée samedi soir, que les 53 % restants des augmentations promises seront intégrés au budget de l'exercice 2027. Cette annonce précise le calendrier de la seconde phase d'un programme de revalorisation lancé précédemment, dont l'objectif global est le doublement des salaires sur la période 2026-2027.

le gouvernement maintient le cap sur le pouvoir d’achat et l’investissement

Le chef de l'État a réitéré son attachement à cette promesse sociale, précisant toutefois que le mode de versement dépendra de la conjoncture financière du moment. « Je me suis engagé à concrétiser les 53 % restants des augmentations des salaires, et je réitère cet engagement », a-t-il déclaré. Si les conditions budgétaires le permettent, cette hausse pourrait être appliquée en une seule fois. À défaut, elle sera répartie sur deux tranches. Pour l'instant, aucune date exacte de paiement ni détail sur la répartition entre les différentes catégories de travailleurs n'a été fixé.

Un rappel du cap fixé en 2024

Cette déclaration s'inscrit dans la continuité des annonces faites en mars 2024. À cette époque, le président avait indiqué que les revalorisations déjà effectuées, qui s'élevaient à 47 %, seraient complétées par cette majoration supplémentaire de 53 %. L'ambition affichée dès lors était d'atteindre une augmentation cumulée de 100 % pour les catégories concernées d'ici la fin de la décennie. Les 53 % évoqués samedi ne constituent donc pas une nouvelle hausse isolée, mais la part finale d'un plan global de revalorisation dont la première partie a déjà été mise en œuvre.

Pouvoir d'achat et lutte contre la spéculation

La préservation du pouvoir d'achat est au cœur des préoccupations exprimées par le chef de l'État. Face à la flambée de certains prix, notamment alimentaires, Abdelmadjid Tebboune a appelé à une action renforcée contre la spéculation. Il a tenu à distinguer la responsabilité des agriculteurs de celle des acteurs spéculatifs, estimant que la majorité des producteurs n'était pas à l'origine de cette hausse récente.

Le président a cité plusieurs facteurs externes, tels que les incendies ayant touché certaines régions durant l'été et affecté l'offre de produits agricoles. Selon les premières investigations menées, la responsabilité de la majorité des agriculteurs dans cette inflation est écartée. Le gouvernement a donc été instruit d'intensifier ses contrôles pour protéger les ménages et s'assurer que la future hausse salariale ne soit pas absorbée par une hausse des prix.

Perspectives économiques et financement

Le financement de ces nouvelles revalorisations est conditionné par l'évolution des revenus nationaux et la mise en œuvre des programmes de développement. L'objectif est d'éviter que l'augmentation des salaires ne déclenche une nouvelle poussée inflationniste. Sur ce plan, le président affiche une confiance forte dans la solidité structurelle de l'économie algérienne.

Le chef de l'État se dit convaincu par l'avenir économique du pays, qu'il qualifie d'« économie solide ». Selon ses projections, le PIB pourrait frôler les 400 milliards de dollars entre la fin de 2026 et le premier trimestre 2027, tandis que la croissance devrait dépasser les 4 %, un niveau supérieur à certaines estimations internationales.

Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux revenus énergétiques et à financer durablement les politiques sociales sans recourir à l'endettement extérieur. Le président a réaffirmé que l'Algérie ne comptait pas solliciter un emprunt auprès du Fonds monétaire international. Au-delà des salaires, cette dynamique économique s'appuie également sur la réalisation de 20 000 projets d'investissement, considérés comme un indicateur clé du retour de la confiance dans l'économie nationale. Pour les salariés, la concrétisation de ces 53 % supplémentaires en 2027 reste l'enjeu principal, dont la mise en œuvre effective dépendra de la capacité de l'État à contenir les prix tout en respectant son engagement budgétaire.