La composition des marchés destinataires du pétrole brut algérien a connu une mutation significative entre janvier et septembre 2026. Si l’Europe continue de dominer le classement des acheteurs, la Corée du Sud a opéré une entrée remarquée en progressant de trois rangs pour décrocher la deuxième position. Cette ascension se fait au détriment des flux historiques vers la France et l’Espagne, dont les importations ont reculé sur la même période. Selon les données compilées par Attaqa, ce rééquilibrage s’inscrit dans une dynamique de diversification des approvisionnements, notamment face aux tensions affectant les livraisons issues du Golfe.
L’Espagne demeure le premier importateur de brut algérien transporté par mer, avec un volume moyen de 64 000 barils par jour sur les neuf premiers mois de l’année. Ce chiffre traduit toutefois une contraction nette par rapport à 2025, où les achats espagnols s’élevaient à 83 000 barils quotidiens. La France suit dans le classement, mais enregistre elle aussi une baisse marquée : ses importations sont passées de 72 000 à 50 000 barils par jour, soit une réduction d’environ 30 % sur un an. Malgré cette diminution, Paris reste un débouché structurant pour l’exportation algérienne.
Une progression coréenne de 77 %
Selon les données d’Attaqa, la Corée du Sud est le marché qui affiche la progression la plus marquée. Ses importations de pétrole algérien sont passées de 30 000 barils par jour en 2025 à 53 000 barils par jour en 2026, soit une hausse de 77 %.
Derrière ces trois acteurs, le Royaume-Uni et l’Italie complètent le groupe des cinq principaux acheteurs. Londres a importé environ 43 000 barils par jour au cours de la période étudiée, tandis que Rome a acheté près de 37 000 barils quotidiens. À eux cinq, l’Espagne, la Corée du Sud, la France, le Royaume-Uni et l’Italie absorbent environ 67 % des exportations algériennes de pétrole brut transporté par mer.
Sur l’ensemble du marché, les exportations moyennes de l’Algérie ont néanmoins diminué. Elles se sont établies à 370 000 barils par jour entre janvier et septembre 2026, contre 418 000 barils sur la même période de 2025. Cette baisse globale de 11,5 % contraste avec la dynamique positive du marché sud-coréen, qui accroît ses volumes alors que des clients historiques réduisent leurs commandes.