Le président algériien Abdelmadjid Tebboune a ordonné, dimanche lors du Conseil des ministres, l'approvisionnement immédiat des wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen en eau de mer dessalée. Cette décision, prise face au stress hydrique qui affecte le bassin méditerranéen, classe ces trois territoires ouestaux en « zones prioritaires ». L'exécutif entend ainsi sécuriser l'accès à l'eau potable pour les ménages et l'agriculture locale en mobilisant les capacités des nouvelles usines de dessalement, un déploiement que le chef de l'État souhaite voir aboutir « dans les plus brefs délais ».
Une stratégie nationale axée sur la complémentarité des ressources
Au-delà de cette urgence locale, la bascule vers le dessalement massif s'inscrit dans une logique de préservation de la sécurité hydrique nationale. Face au déclin régulier des réserves des barrages, plusieurs experts du secteur estiment que « la basculante vers le dessalement massif constitue désormais l’unique rempart pérenne pour préserver la sécurité hydrique du pays face au déclin régulier des réserves des barrages ». Toutefois, cette extension technologique ne sera pas généralisée sans discernement. Le président Tebboune a imposé une évaluation technique préalable pour chaque nouvelle étape, afin d'analyser minutieusement les capacités existantes en eaux de surface et en nappes phréatiques avant d'engager de lourds investissements industriels.
Cette approche au cas par cas vise à éviter tout gaspillage d'infrastructures coûteuses là où les ressources naturelles suffisent encore. Un haut responsable du ministère des Ressources en eau, se réclamant sous couvert d'anonymat, précise que « l’objectif principal réside dans la complémentarité des ressources : préserver l’eau douce conventionnelle là où elle demeure disponible, et déployer le dessalement dans les zones à fort déficit ». Cette distinction permet d'optimiser les coûts et de protéger les écosystèmes aquifères locaux.
Verrouillage réglementaire sur les forages et protection des nappes
En parallèle des grands chantiers industriels, la préservation de la réserve stratégique souterraine demeure une priorité absolue pour le gouvernement. Le chef de l'État a réitéré son exigence d'un encadrement strict de la délivrance des autorisations de forage de puits. Cette mesure vise à contrer la surexploitation anarchique qui menace la qualité des aquifères nationaux. Face aux sécheresses répétées, les autorités entendent ainsi verrouiller le cadre réglementaire pour prévenir tout épuisement irréversible des réserves d'eau souterraines, considérées comme un patrimoine stratégique pour les générations futures.