Meziane Ighil : « Je ne suis pas d’accord » avec Rabah Madjer sur le mérite de la CAN-2019

Meziane Ighil a pris le contrepied total de Rabah Madjer lors d’une récente intervention sur la chaîne El-Bilad. L’ancien adjoint du sélectionneur national estime que la victoire de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Égypte doit être attribuée exclusivement à Djamel Belmadi, rejetant ainsi toute part de responsabilité ou de mérite liée à son propre passage sur le banc des Verts.

Cette prise de position tranche avec les propos tenus un an plus tôt par Rabah Madjer, qui avait suggéré que le titre continental découlait en partie du travail préparatoire effectué par son staff, composé de feu Djamel Menad et de Meziane Ighil. Face à cette lecture rétrospective, Ighil a refusé de s’attribuer la moindre part du sacre, affirmant une désaccord clair avec son ancien supérieur hiérarchique : « Je ne suis pas d’accord avec lui ».

Un regret sur la construction de l’équipe

Pour justifier son point de vue, l’entraîneur chevronné a souligné que le groupe champion existait déjà avant l’arrivée de Belmadi, mais qu’il n’avait pas été correctement structuré par le staff précédent. « Ce que je regrette, c’est que l’équipe qui avait gagné la CAN-2019 on l’avait, mais on l’avait pas monté », a-t-il expliqué. Cette formule résume selon lui l’échec de ce passage éclair à la tête de la sélection, où les mêmes joueurs n’avaient jamais produit le même rendement.

Ighil va plus loin dans sa remise en question personnelle en s’interrogeant sur son utilité réelle durant l’épopée égyptienne. Il assume une position d’observateur plutôt que de co-acteur : « En tant qu’assistant du sélectionneur national à l’époque, je ne trouve pas à quoi j’avais servi Belmadi pour gagner la CAN. Il l’avait fait seul et le grand mérite lui revient ».

Les origines de la polémique

Cette mise au point intervient dans le prolongement des déclarations de Rabah Madjer lors d’un entretien accordé au podcast Al-Mashhad. L’ancienne gloire du football algérien y avait défendu son bilan en sélection, déplorant que « certains croient tout ce qui se raconte » au sujet de son passage à la tête des Verts. Une sortie qui avait immédiatement divisé les observateurs, tant le contraste entre les deux périodes paraissait marqué aux yeux du public.

Sept ans après le trophée soulevé au Caire, cette référence demeure l’étalon absolu pour mesurer les cycles successifs de la sélection nationale. Chaque nouveau sélectionneur est comparé à l’œuvre de Belmadi, une nostalgie qui a nourri une critique permanente des mandats suivants. Durant l’ère Vladimir Petkovic, plusieurs voix du football national, dont Islam Slimani et Medhi Lacen, avaient reproché au technicien bosnien un manque de projet collectif et d’identité de jeu, illustrant la persistance de cet héritage difficile à dépasser.