Algérie : un plan d’investissement de 300 milliards de dinars pour une industrie automobile

L’Algérie envisage un investissement de 300 milliards de dinars sur 2035 dans le développement d’une industrie automobile axée sur la fabrication de composants. Cette initiative, promue par la Chambre nationale des commissaires aux comptes, repose sur un objectif de taux d’intégration locale de 52 % d’ici 2035. Le programme industriel proposé comprend la création de quatre pôles industriels répartis sur l’ensemble du territoire national, avec une concentration particulière dans la région de l’Est.

Un plan d’investissement massif pour structurer une industrie automobile locale

Le réseau industriel envisagé se concentrerait sur la production de composants métalliques, de polymères et caoutchouc, de fils et câbles, de systèmes électriques et électroniques, de sièges et équipements intérieurs, de pièces mécaniques, de moules et outillages industriels, ainsi que des traitements thermiques et de surface. L’étude prévoit un marché accessible de 303 milliards de dinars par an à l’horizon 2032, englobant l’équipement initial des véhicules, les pièces de rechange, les exportations et les applications de la mécanique de précision.

L’Algérie vise une intégration industrielle de 52 % d’ici 2035

La répartition des investissements s’élève à 112 milliards de dinars pour les composants métalliques, 61 milliards pour l’électronique, 48 milliards pour les polymères et le caoutchouc, 39 milliards pour la mécanique de précision, les moules et les outillages, 26,5 milliards pour les plateformes et infrastructures, et 13,5 milliards pour la formation, la qualité et la recherche-développement. Un laboratoire national de métrologie dimensionnelle et d’essais est prévu, avec un investissement estimé à 1,8 milliard de dinars, afin de répondre aux exigences de précision de la fabrication automobile.

La stratégie se déploie sur quatre pôles industriels : l’ouest, avec ses infrastructures portuaires et ses capacités d’assemblage et de plasturgie ; le centre, axé sur l’assemblage, les plastiques, les sièges et le formage ; l’est, dédié à l’électronique, aux batteries, à la mécanique de précision et aux moules ; et le sud-est, avec les Hauts-Plateaux. Le développement de cette chaîne d’approvisionnement locale nécessite la formation de 6 500 techniciens et travailleurs spécialisés, ainsi que l’accompagnement de 120 entreprises dans l’obtention de la norme IATF 16949 et des exigences de qualité de l’industrie automobile. L’étude met en avant le potentiel de développement des véhicules électriques, ouvrant de nouveaux débouchés pour les entreprises algériennes dans des domaines tels que les batteries, l’électronique de puissance et les composants électroniques.

La réussite de cette initiative dépend de plusieurs conditions, notamment un cadre réglementaire stable, une visibilité sur la demande, des contrats de longue durée entre constructeurs et fournisseurs, des certifications internationales et un dispositif national de métrologie. Dix recommandations sont formulées pour structurer cette nouvelle organisation industrielle, couvrant le calcul de l’intégration locale, la certification, le financement et la qualité. L’étude souligne que le simple accroissement de la capacité d’assemblage ne suffit pas à créer une industrie automobile intégrée, et que la concentration sur la fabrication des pièces et équipements constitue une voie stratégique.