Prix de la volaille : une flambée due à des facteurs multiples

L’instabilité actuelle des prix de la volaille, atteignant 650 DA par kilogramme, est le résultat d’une combinaison de facteurs liés à la période estivale de l’année dernière. Selon Ali Benchaïba, président de la Fédération nationale des éleveurs de volailles, cette situation découle d’une confluence de circonstances survenues durant l’été.

Facteurs multiples expliquent la hausse des prix de la volaille

Les conditions météorologiques, caractérisées par des vagues de chaleur intenses et des incendies, ont créé un environnement défavorable à l’élevage. Ces conditions ont été aggravées par des coupures de courant récurrentes, qui ont entraîné une augmentation des températures dans les poulaillers et ont provoqué des pertes significatives de volailles. L’absence de ventilation et de refroidissement adéquats a eu un impact direct sur la santé et la productivité des animaux.

Parallèlement, la propagation de pathologies aviaires a contribué à une augmentation du taux de mortalité au sein de la population avicole. Cette situation a eu un impact direct sur l’offre de volaille disponible sur le marché.

Volatilité des prix : une combinaison de défis pour le secteur avicole

Sur le plan logistique, des retards dans la délivrance des prévisions d’importation et des procédures administratives complexes ont engendré une pénurie de vaccins et de médicaments vétérinaires. Cette situation a entraîné une augmentation des coûts de production pour les éleveurs.

Cette période de faiblesse a débuté à la fin de l’année 2025 et au premier semestre 2026, durant lesquels les prix avaient atteint des niveaux inférieurs aux coûts réels de production. Plus précisément, le prix du plateau d’œufs oscillait entre 300 et 350 DA, et le poulet vivant était tombé en dessous de 300 DA/kg. Cette baisse prolongée a affecté la trésorerie des professionnels, les incitant à suspendre temporairement leur activité.

Une reprise de l’activité a été observée à la fin du mois d’août, marquée par une forte demande de poussins pour le repeuplement des exploitations. Un cycle d’élevage d’environ 45 jours a débuté, entraînant des premiers effets de cette relance dès la seconde moitié de septembre. Une baisse de 30 à 40 DA par kilogramme de poulet vivant a été enregistrée. La Fédération prévoit une stabilisation tangible et une baisse progressive des prix à partir de la fin septembre, se poursuivant jusqu’à la mi-octobre.

Pour éviter la répétition de ces cycles de volatilité, la Fédération insiste sur la nécessité d’une réorganisation en profondeur du secteur. Une stratégie a été proposée au ministère compétent, visant à garantir la continuité de la production tout au long de l’année, à assurer une marge bénéficiaire équitable aux producteurs et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Un élément clé de cette stratégie est la création d’un « couloir vert » pour simplifier et accélérer les procédures d’importation des matières premières et des intrants essentiels à la filière avicole.