Difficultés du système EES : neuf pays Schengen exemptés temporairement

Le système EES, dispositif biométrique d’entrée et de sortie, rencontre des difficultés dans l’espace Schengen. La Commission européenne a accordé une exemption temporaire à neuf pays membres pour limiter les problèmes de saturation aux frontières.

Difficultés du système EES : Exemption pour 9 pays Schengen

Neuf États de l’espace Schengen ont obtenu de Bruxelles la possibilité de ne pas appliquer dans son intégralité le système EES. La France, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Grèce, le Portugal, Malte et la Suisse figurent parmi les États concernés. Ces pays ont signalé à la Commission européenne qu’ils n’imposeraient pas la totalité des nouvelles vérifications tant que les équipements et les logiciels ne fonctionneraient pas correctement. Bruxelles a donné son feu vert, de manière informelle, sans fixer d’échéance précise. Cette position tranche avec le discours précédent, qui prévoyait aucune souplesse supplémentaire une fois close la période de flexibilité accordée aux États membres le 6 septembre. Les blocages observés durant l’été dans plusieurs grands hubs ont influencé cette décision. Un porte-parole de la Commission européenne a évoqué des échanges « étroits et constructifs » avec les États concernés pour des ajustements opérationnels.

Impact sur les voyageurs : Algérie et autres pays non-UE

La fluidité aux frontières devient la priorité de Bruxelles. Gwendoline Cazenave, directrice générale d’Eurostar, a confirmé que les autorités européennes ont pleinement conscience de cette nécessité. La Commission européenne parle d’une « période supplémentaire d’adaptation opérationnelle » limitée à quelques points de franchissement. Un soutien renforcé a été proposé aux capitales concernées, avec une consigne claire : intensifier la préparation technique, organisationnelle et la communication. L’exécutif européen espère que les difficultés restantes seront réglées avant la fin de l’année. Ce calendrier est différent de la généralisation officielle du dispositif, prévue initialement pour le 10 avril et censée marquer la fin des tampons à l’encre dans les passeports.

Les compagnies aériennes, notamment Ryanair, réclament la suspension temporaire du dispositif EES pour corriger les dysfonctionnements. L’IATA et Ryanair demandent depuis plusieurs semaines la mise en pause du dispositif, le temps de corriger les pannes techniques et les dysfonctionnements constatés dans de nombreux terminaux. Ryanair a même réclamé le maintien des dérogations jusqu’en avril 2027 au minimum. Les autorités britanniques suivent le dossier de près. La secrétaire d’État aux Transports, Heidi Alexander, s’est entretenue avec le commissaire européen Apostolos Tzitzikostas, ainsi qu’avec des responsables français. Londres a salué la coopération de Paris et les renforts humains déployés aux frontières pendant la haute saison.

Ce que le système EES implique pour les voyageurs non européens reste inchangé. À chaque entrée dans l’un des 29 pays couverts, empreintes digitales et photographie du visage sont enregistrées dans une base centralisée. Les dates d’entrée, de sortie et les refus d’admission y sont également consignés. En France, près de 120 points de passage vers l’espace Schengen appliquent ce protocole, les grands aéroports internationaux en tête. Dès l’entrée en vigueur du dispositif, l’ambassade de France en Algérie avait diffusé une note aux voyageurs pour détailler les nouvelles modalités de contrôle. Concrètement, les voyageurs algériens pourraient donc rencontrer des procédures différentes d’un aéroport à l’autre dans les prochains mois. Mieux vaut anticiper son arrivée, d’autant que les délais d’attente restent imprévisibles selon les plateformes et les horaires.