Le Fonds monétaire international (FMI) a conclu ses consultations au titre de l’article IV pour l’Algérie, soulignant une situation économique résiliente caractérisée par une croissance robuste, tout en identifiant des défis persistants liés aux déficits budgétaires et au déficit extérieur. Les conclusions, publiées le 11 septembre, prévoient une croissance estimée à 3,8% pour l’année en cours, avec des projections de 3,9% pour 2025 et 3,7% pour 2024, sous réserve de la mise en œuvre d’une consolidation budgétaire et d’une politique monétaire axée sur la stabilité des prix. Ces mesures visent à améliorer la flexibilité du taux de change et à renforcer les marges de manœuvre de l’économie face aux chocs externes.
Évaluation du FMI : croissance algérienne soutenue, défis budgétaires et nécessité de diversification
La croissance algérienne actuelle, évaluée à «une croissance robuste», est toutefois entravée par des «des déficits budgétaires». Le FMI prévoit que le déficit budgétaire atteindra 9,6% du PIB en 2026, contre 10,5% en 2025. Ce déficit est exacerbé par l’augmentation des dépenses publiques, qui devraient atteindre 35% du PIB, et par une baisse des recettes, estimées à 25,4% du PIB. Le recours à l’ financement par la Banque d’Algérie est également en augmentation, passant de 3,7% du PIB en 2025 à 5,5% en 2026. «Dans un contexte d’épuisement des marges de manœuvre budgétaires, les besoins de financement toujours importants ont résulté en une hausse de la dette publique (53,2% du PIB) et au recours au financement par la Banque centrale», précise le rapport.
Parallèlement, le déficit extérieur s’est «détérioré sous l’effet de la hausse des importations et de la baisse des exportations d’hydrocarbures, ce qui a entraîné une réduction des réserves internationales». Le niveau des réserves de change a diminué de 68,9 milliards de dollars en 2024 à 51 milliards. Le FMI recommande une «consolidation fiscale progressive et crédible, en notant que les déficits budgétaires posent des risques pour la viabilité des finances publiques».
Pour atténuer ces vulnérabilités, l’institution financière recommande de «la nécessité de rééquilibrer progressivement les politiques macroéconomiques et de poursuivre la résilience, de soutenir la diversification et de promouvoir une croissance tirée par le secteur privé». L’amélioration de la compétitivité du secteur privé est également soulignée comme un élément clé pour une croissance durable. Le FMI souligne la nécessité d’une «flexibilisation du taux de change» afin de renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs et de réduire la prime de change sur le marché parallèle.
Les administrateurs du FMI insistent sur la nécessité «de l’amélioration du climat des affaires et de l’équité des conditions de concurrence entre les entreprises publiques et le secteur privé, la réduction des obstacles réglementaires et de l’informalité, ainsi que le renforcement de la gouvernance et de la transparence». Ils encouragent également les autorités à poursuivre les efforts visant à renforcer l’inclusion financière, compte tenu de la solidité des banques algériennes, liquides, rentables et bien capitalisées. «Les perspectives à court terme demeurent globalement favorables, bien que l’érosion des marges de manœuvre budgétaires et extérieures pèse sur les perspectives économiques», a déclaré le FMI.