Lors de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies, l’intervention du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a provoqué une vive réaction internationale. Le chef de la diplomatie du royaume chérifien a tenu des propos d’une fermeté inédite à l’encontre des mouvements palestiniens actifs dans la bande de gaza. Évoquant la dégradation sécuritaire régionale consécutive aux attaques du 7 octobre 2023, le représentant marocain a réaffirmé son engagement à combattre ce qu’il qualifie d’«extrémisme violent menaçant la stabilité régionale», tout en appelant à une reprise du processus politique sous l’égide des résolutions internationales.
Réaction internationale à la déclaration du ministre marocain à l’ONU
La prise de position publique du ministre a immédiatement suscité l’ire de nombreuses organisations de soutien à la cause palestinienne et de plusieurs chancelleries régionales. Ces dernières y voient un alignement marqué sur le narratif sécuritaire israélien. Plusieurs observateurs dénoncent un discours déconnecté du lourd tribut humain payé par les civils à gaza, où les bilans dressés par les agences onusiennes et les services de secours locaux font état de dizaines de milliers de victimes depuis le début des opérations militaires.
Des soupçons d’ingérence sécuritaire entre Rabat et Tel-Aviv ont également alimenté la controverse. Des médias régionaux et des cercles politiques hostiles à la normalisation ont fait état de soupçons d’assistance opérationnelle entre Rabat et Tel-Aviv, évoquant de supposés partages de renseignements visant les réseaux palestiniens. Les autorités marocaines opposent un démenti formel à ces allégations en rappelant leur soutien constant à la solution à deux États et la présidence marocaine du Comité Al-Qods.
Des manifestations massives ont eu lieu au maroc pour dénoncer les Accords d’Abraham conclus fin 2020. Le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation a organisé plusieurs rassemblements massifs dans les villes de Casablanca et de Rabat. Les manifestants fustigent le maintien des relations bilatérales avec Israël malgré les alertes répétées de la Cour internationale de justice et des ONG internationales relatives aux crimes de guerre perpétrés dans les territoires occupés.