Croissance mondiale : L’OCDE anticipe un ralentissement malgré les dynamismes de l’IA

La croissance économique mondiale devrait atteindre 2,9% en 2026, selon les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publiées hier. Cette estimation marque une baisse par rapport aux 3,4% observés en 2025. «La croissance économique mondiale a ralenti mais est restée résiliente», a constaté l’institution dans son rapport trimestriel sur l’économie mondiale. L’OCDE met en avant plusieurs facteurs contribuant à cette perspective, notamment «le dynamisme persistant des activités liées à l’intelligence artificielle (IA)», ainsi que «les mesures de soutien gouvernemental discrétionnaires, le recours partiel à des matières premières de substitution et les prélèvements dans les stocks de pétrole».

La croissance mondiale devrait atteindre 2,9% en 2026

La projection d’une croissance de 3% pour 2027 est attribuée à une détente progressive des prix de l’énergie et un reflux de l’inflation, sous l’effet d’un relèvement des taux directeurs par plusieurs banques centrales, dont la Banque centrale européenne (BCE) en zone euro et la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed). L’envolée des taux souverains de plusieurs Etats, dont la France, accentue les incertitudes et fragilise leur situation budgétaire. Avec des finances publiques moribondes, la France est particulièrement à risque, en pleine quête d’un nouveau budget, selon l’Organisation intergouvernementale. Cette situation se produit «dans un climat marqué par la préparation de l’élection présidentielle au printemps».

L’OCDE déplore que la moitié seulement des aides énergétiques publiques «bénéficient directement aux ménages et aux entreprises les plus vulnérables». L’institution préconise un ciblage strict et temporaire de ces dispositifs afin de maîtriser les dépenses publiques tout en protégeant le tissu économique. Des tensions inflationnistes sont ravivées par les cours de l’énergie, exacerbées par les tensions sur l’approvisionnement pétrolier et gazier. Les projections de l’OCDE indiquent que le pétrole Brent pourrait atteindre 105 dollars le baril au quatrième trimestre 2026, tandis que les prix du gaz naturel européen pourraient atteindre 82 euros par mégawattheure avant de commencer à fléchir en 2027.

Plusieurs facteurs d’incertitude pèsent sur ces prévisions. L’inflation au sein du G20 est révisée à la hausse, atteignant 4,1% en 2026 (contre 3,4% en 2025) dans la zone euro, avec une hausse des prix prévue à 3% cette année et 2,9% en 2027. L’OCDE met en garde contre l’empilement de vulnérabilités systémiques, notamment en cas de nouvelles entraves au trafic maritime dans les détroits stratégiques d’Ormuz ou de Bab El Mandeb, pouvant engendrer des pénuries énergétiques et prolonger l’envolée des prix. Un scénario combinant chocs énergétiques, financiers et alimentaires pourrait entraîner une contraction de 0,7 point à la croissance mondiale en 2027, avec une augmentation de 1,1 point de l’inflation globale.

L’Arabie Saoudite est concernée par une révision sévère de ses prévisions de croissance, avec une contraction projetée de son PIB de 1,8% en 2026 (soit un rabotage de 5 points par rapport à juin). L’éventualité d’un épisode climatique El Niño de très forte intensité entre octobre et décembre 2026 soulève des inquiétudes quant à l’impact sur les récoltes mondiales et les prix alimentaires. L’OCDE souligne que la hausse des coûts de l’énergie et des engrais synthétiques «entraîne une baisse d’utilisation des fertilisants, pénalisant directement la production céréalière». Les ménages des pays à faible revenu, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, sont particulièrement vulnérables aux pertes de revenus et à la hausse des denrées, devant restreindre leur consommation au profit d’aliments basiques. À l’inverse, les pays développés démontrent une résilience supérieure malgré des niveaux de consommation persistants. La préservation d’échanges commerciaux multilatéraux fluides et le renforcement des capacités de stockage demeurent des éléments clés pour stabiliser les marchés mondiaux.