Gazoduc transsaharien : lancement des relevés topographiques au Niger

Le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l’Algérie, entre dans une nouvelle phase de préparation avec l’annonce par le gouvernement nigérien du lancement d’opérations de relevés topographiques. Cette initiative, annoncée début octobre 2026 par le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, constitue une étape préliminaire cruciale avant le début des travaux de construction du tronçon nigérian du projet. Selon m. Tini, cette opération, réalisée en collaboration avec les autorités algériennes, vise à harmoniser les calendriers du projet. Cette annonce suit la visite de travail du ministre algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, à Niamey les 21 et 22 septembre 2026, consacrée à l’accélération des préparatifs du TSGP. Le ministère algérien des Hydrocarbures prévoit de compléter ces relevés par des études environnementales, d’impact et géotechniques. Le tronçon nigérien du gazoduc, s’étendant sur 841 kilomètres d’un tracé total de 4 128 kilomètres, est un élément central de la connexion Nigeria-Algérie, et doit relier Warri, dans le sud du Nigeria, à Hassi r’Mel en Algérie.

Lancement des relevés topographiques au Niger

Le financement du tronçon nigérien du TSGP n’a pas encore été finalisé. La cinquième réunion ministérielle du comité de pilotage, organisée le 3 juin 2026 à Alger, a permis de valider l’étude de faisabilité actualisée réalisée par le cabinet britannique Penspen, sans fixer de calendrier définitif ni annoncer de décision finale d’investissement. Le projet du TSGP prévoit une capacité de transport pouvant atteindre 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, avec un coût estimé à environ 13 milliards de dollars. Au-delà du gazoduc, le Niger explore des partenariats avec Sonatrach pour développer son secteur pétrolier. Le ministre Hamadou Tini a exprimé la volonté de développer un partenariat couvrant plusieurs étapes de la filière, de l’exploration jusqu’à la commercialisation du brut. Cette coopération concerne notamment la maintenance de la raffinerie de Zinder et le développement des activités pétrolières nigériennes, s’appuyant sur un mémorandum d’entente signé en mars 2026 entre Mohamed Arkab et Hamadou Tini, prévoyant des programmes de formation, des échanges d’experts et un transfert de technologie. Le secteur pétrolier nigérien connaît également des opérations d’exploration. Le 13 août 2026, les Premiers ministres Sifi Ghrieb et Ali Mahaman Lamine Zeine ont donné le coup d’envoi du forage du puits Kafra Sud-Est 1, réalisé par ENAFOR, filiale de Sonatrach, avec une profondeur prévue de 3 900 mètres. Le bloc de Kafra, attribué à Sipex dans le cadre d’un contrat de partage de production, couvre une superficie de 23 737 km² entre les départements d’Iferouane et Bilma. Les réserves identifiées depuis 2018 représentent environ 255 millions de barils de réserves prouvées et probables, tandis que les ressources prospectives dans la partie nord du bloc pourraient atteindre 2,5 milliards de barils. Le Niger vise une production pouvant atteindre 110 000 barils par jour grâce à ce potentiel pétrolier.

Financement et partenariats énergétiques

La mise en œuvre des relevés topographiques au Niger marque une étape concrète dans le développement du projet TSGP, un projet d’envergure internationale qui ambitionne de renforcer les liens énergétiques entre le Nigeria et l’Algérie. Le calendrier, encore incertain, est désormais sujet à une coordination accrue entre les équipes nigériennes et algériennes, en vue d’optimiser les phases préparatoires et de contribuer à la finalisation du financement du projet. L’exploration pétrolière parallèle, notamment via les opérations du puits Kafra Sud-Est 1, témoigne de la diversification des stratégies énergétiques du Niger et de son ambition de devenir un acteur majeur dans le secteur pétrolier de la région.