Crash du vol Air Algérie AH5017 : Swiftair condamnée douze ans après le drame

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Swiftair à une amende de 225 000 euros pour homicides involontaires liés au crash du vol AH5017 survenu le 24 juillet 2014 au Mali. Cette décision, rendue le lundi 28 septembre 2026, marque la conclusion d’une procédure judiciaire initiée plus de douze ans après la tragédie qui a coûté la vie à 116 personnes, dont des ressortissants algériens.

Responsabilité de Swiftair : négligences et formation

Le tribunal a reconnu la compagnie Swiftair coupable d’homicides involontaires, attribuant une responsabilité déterminante aux « négligences » constatées dans la formation et l’entraînement de ses pilotes. Suite aux réquisitions du parquet, la compagnie a été condamnée à une amende de 225 000 euros, rejetant ainsi la demande de relaxe présentée par la défense. Le crash du vol AH5017, opéré pour Air Algérie dans le cadre d’un contrat d’affrètement avec équipage assuré par Swiftair, s’est produit près de Gossi, au Mali. L’appareil, un McDonnell Douglas MD-83 (immatriculé EC-LTV), transportait 110 passagers et six membres d’équipage espagnols.

L’enquête de sécurité conjointe menée par le Mali et le bureau d’enquêtes et d’analyses d’accidents aériens (BEA) a mis en évidence une série de facteurs contribuant au crash. L’absence de dégivrage des moteurs a entraîné l’obstruction de leurs capteurs par de la glace, ce qui a transmis des mesures erronées à l’automanette. Cette anomalie a provoqué une réduction de la poussée, rendant impossible le maintien de l’avion à son niveau de vol (31 000 pieds) sans réaction corrective de l’équipage.

Les causes du crash : absence de dégivrage et pilotes mal formés

La formation des pilotes a été également pointée du doigt. Malgré un précédent incident sur la même flotte le 8 juin 2014, Swiftair n’avait pas fourni aux pilotes une formation spécifique concernant la gestion des situations de perte de vitesse. L’absence de contrôle sur l’approche et la récupération du décrochage a contribué à l’absence de réaction de l’équipage face aux alarmes de perte de vitesse.

La condamnation de Swiftair, exploitant la flotte MD-83, est fondée sur l’identification de lacunes dans la préparation de ses pilotes, considérées comme la base de sa responsabilité pénale. Les conclusions de l’enquête ont également suggéré des recommandations pour renforcer l’entraînement au décrochage et réviser les protocoles de protection antigivrage des moteurs.