L’allocation chômage, désormais fixée à 18 000 DA mensuels, est soumise à de nouvelles règles depuis le début de l’année. Le décret exécutif n° 26-87, publié le 22 janvier 2026, définit une durée de versement initiale d’un an, renouvelable une fois. Ce dispositif, entré en vigueur le 1er janvier 2026, est financé à hauteur de 420 milliards de DA, comme l’avait annoncé le quotidien public El Moudjahid, et concerne plus de 2,3 millions de personnes.
Les nouvelles règles de l’allocation chômage
Le Conseil des ministres avait pris la décision de rehausser le montant en novembre 2025. L’allocation est versée en nature avec une prestation de l’assurance maladie. La durée de versement de l’allocation est désormais d’un an, renouvelable une seule fois. Ce renouvellement est conditionné au respect strict des obligations du bénéficiaire. Pour les bénéficiaires inscrits depuis au moins 24 mois, le droit à l’allocation est prolongé à deux ans.
L’accès à l’allocation reste soumis à des critères précis. Les candidats doivent être de nationalité algérienne et résider en Algérie, avoir entre 19 et 40 ans, être inscrits comme primo-demandeurs d’emploi auprès de l’ANEM depuis au moins six mois, ne disposer d’aucun revenu, justifier sa situation vis-à-vis du service national, ne pas être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur ou de formation professionnelle, et ne pas avoir bénéficié d’un dispositif public d’aide à la création d’activités, à l’insertion ou d’aide sociale. Une exception est prévue pour les petites pensions, dont le montant n’exclut plus le dispositif, après une modification du seuil à 13 000 DA. Le conjoint du demandeur ne doit pas non plus disposer de revenu.
L’article 4 modifié impose une démarche régulière des bénéficiaires. Ils doivent valider leur inscription tous les six mois, soit sur la plateforme numérique de l’ANEM, soit auprès de leur agence. Plusieurs obligations sont ainsi imposées : Répondre aux convocations, qui entraînent une suspension temporaire en cas d’absence de réponse dans le délai fixé, ne refuser aucune offre d’emploi adaptée, qui entraîne la fin de l’allocation, et rechercher activement une formation qualifiante ou diplômante, pendant toute la durée de l’allocation, et mettre à jour ses données personnelles. Les jeunes appelés au service national doivent prévenir l’ANEM dès la réception de leur convocation, et les sommes perçues pendant le service constituent un trop-perçu à rembourser.
Obligations des bénéficiaires
L’ANEM examine en outre 140 000 demandes déposées sur Minha, et programme des rendez-vous pour vérifier l’éligibilité des candidats. L’agence tient également un fichier national actualisé des primo-demandeurs d’emploi, comme l’avait demandé le président de la République. Elle croise ses fichiers avec plus de 600 bases de données, au niveau central et local, et peut préciser les conditions et les procédures.
Une incompatibilité est prévue avec l’exercice d’une activité de micro-importation, qui entraîne l’exclusion du dispositif. En cas de suspension, l’ANEM réactive l’allocation ou l’annule définitivement après étude du recours. L’agence a réactivé plus de 1,4 million de dossiers après suspension et traité plus de 800 000 réclamations de bénéficiaires suspendus. Elle a récupéré à l’amiable les allocations indues d’environ 90 000 bénéficiaires, selon des échéanciers convenus. La fraude, comme la falsification de documents, expose en outre à des poursuites. Le bénéficiaire doit rembourser les sommes perçues à tort. L’ANEM peut demander de vérifier l’éligibilité des candidats.
La mise en œuvre de ces nouvelles règles est supervisée par le directeur général de l’ANEM, Abdelkader Djaber, qui a mis en place des procédures de réactivation des dossiers suspendus dans un délai de trois à quatre jours.