L’entrevue périodique que le président Abdelmadjid Tebboune a accordée aux représentants de la presse nationale sera diffusée dans son intégralité ce samedi 3 octobre à 21 heures par la télévision et la radio publiques. Avant cette émission, la présidence de la République a mis en ligne plusieurs extraits vidéo, dévoilant les positions du chef de l’État sur des sujets variés allant de la politique sociale aux relations internationales.
Ces déclarations, rendues publiques ce vendredi, traitent notamment de la question des prix, de la situation économique, ainsi que des dossiers sensibles concernant l’Iran et le Niger. Le président y aborde également les enjeux liés au marché pétrolier et à l’équilibre diplomatique du pays face aux grandes puissances.
La hausse des prix des produits frais imputée à d’autres facteurs
Sur le plan social, le président Tebboune s’est penché sur la flambée des prix des fruits et légumes. Il a tenu à clarifier la responsabilité des acteurs du secteur agricole, affirmant que « pas en cause » les agriculteurs dans cette évolution tarifaire. Cette prise de position s’inscrit dans une volonté de préserver le pouvoir d’achat des citoyens face à l’inflation touchant ces denrées essentielles.
La fin de l’autorité des notables locaux
Le chef de l’État a également annoncé la suspension de plusieurs responsables locaux. Pour justifier cette mesure, il a déclaré : « L’ère du caïd, du bachagha et de l’agha est révolue ». Ces termes renvoient aux figures de notables qui exerçaient une influence sous l’administration coloniale, signe d’une volonté de rompre avec ces anciennes structures de pouvoir local.
Priorité donnée aux revenus hors hydrocarbures
S’agissant de l’économie, le président a mis en avant la diversification des sources de financement de l’État. « Tout ce sur quoi nous travaillons vise à renforcer nos revenus hors hydrocarbures », a-t-il affirmé, plaçant cet objectif au cœur de la stratégie économique nationale.
Il a par ailleurs estimé que l’Algérie avait atteint un stade « très avancé » de numérisation. Selon lui, cette modernisation administrative et technologique a permis de mettre en lumière « toutes les manigances qui rongeaient l’économie », facilitant ainsi leur détection et leur traitement.
Des réserves de change appelées à augmenter
Concernant les finances publiques, le président a évoqué l’évolution future des réserves de change du pays. Il prévoit qu’elles « seront élevées » dans quelques années. Cet objectif financier s’inscrit dans une démarche plus large visant à consolider l’indépendance économique de l’Algérie.
L’escale de l’avion présidentiel iranien
Le dossier diplomatique a occupé une place importante dans cette entrevue. Le président Tebboune est revenu sur l’atterrissage en Algérie de l’appareil du président iranien, qualifié d’escale technique demandée par ce dernier dans un aéroport algérien. Face aux interrogations, il a déclaré : « Il est le bienvenu ».
Plus explicitement, il a précisé : « Il est le bienvenu, lui comme tout autre président ». Pour le chef de l’État, cette situation traduit « l’Algérie, avec sa fierté et sa libre décision ». Il a toutefois reconnu que cette approche souveraine reste « acceptée par certains et rejetée par d’autres » sur la scène internationale.
Une posture responsable sur le marché pétrolier
Sur le plan énergétique, le président a assuré que l’Algérie agit en tant que « un État responsable ». Il a tenu à rassurer les partenaires internationaux en déclarant : « Aucune imprudence ne sera relevée de notre part concernant le marché pétrolier ». Il a ajouté que le pays respecte systématiquement les engagements pris lorsqu’un consensus se dégage au sein des instances compétentes.
L’équilibre des relations avec les grandes puissances
Le chef de l’État a défendu la politique d’équilibre diplomatique menée par Alger. Il a réaffirmé l’attachement du pays à ses partenariats stratégiques en déclarant : « Nous ne renoncerons pas à notre amitié avec la Russie, les États-Unis et la Chine ». Face aux doutes quant à la faisabilité de cette position, il a répondu : « Cela peut sembler impossible, mais pour l’Algérie, ce n’est pas impossible ».
La crise nigériane qualifiée de provocation
Abdelmadjid Tebboune a levé le voile sur les événements au Niger, affirmant que son pays a mobilisé des appareils militaires pour contrer un projet de putsch. Cette action, qu’il a qualifiée d’intervention nécessaire, serait liée à la dérive de certains acteurs décrits comme ayant « sont allées trop loin dans leurs plans ».
Le président a indiqué que cet incident est survenu juste après une visite en Algérie du chef du gouvernement nigérien. Il qualifie cette séquence d’une « tentative de provocation » dirigée contre l’Algérie.