Une note interne diffusée par Air France a déclenché une vive polémique politique en France. Le document, révélé samedi par l’enquête de Mediapart, communique aux pilotes et au personnel navigant commercial (PNC) une consigne issue du ministère israélien des Transports. Cette directive impose un contrôle strict sur la nationalité des équipages opérant des liaisons vers Israël. Concrètement, aucun membre d’équipage ne doit détenir la nationalité, même binationale, d’un État n’entretenant pas de relations diplomatiques officielles avec l’État hébreu. Cette restriction s’applique également aux salariés titulaires de la nationalité française.
La mesure concerne spécifiquement les personnels possédant la nationalité de trente et un pays, dont l’Algérie, l’Iran, le Liban, la Syrie ou encore la Tunisie. La liste exhaustive comprend également l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, le Bangladesh, Brunei, la Colombie, les Comores, la Corée du Nord, Cuba, Djibouti, l’Indonésie, l’Irak, le Koweït, la Libye, la Malaisie, les Maldives, le Mali, la Mauritanie, le Nicaragua, le Niger, Oman, le Pakistan, le Qatar, la Somalie, le Soudan, le Venezuela et le Yémen. Dans sa note, Air France précise que tout non-respect de cette consigne pourra donner lieu à des sanctions.
Une directive israélienne répercutée par Air France
Le texte interne reprend mot pour mot l’exigence de l’autorité israélienne : « L’État israélien indique qu’aucun membre d’équipage entrant dans l’espace aérien israélien ne doit détenir la nationalité ou la double nationalité d’un État sans relations diplomatiques formelles avec l’État d’Israël ». Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire tendu, quelques jours après un incident grave survenu fin septembre à bord d’un vol Flydubai reliant les Émirats arabes unis à Israël. Lors de ce vol, un copilote omanais s’était violemment pris au commandant de bord en plein trajet.
Des réactions politiques indignées
La diffusion de cette note a provoqué l’indignation de plusieurs figures de l’opposition française. Sur le réseau social X, Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste français, a fustigé cette situation. Il a déclaré : « Aucune ingérence étrangère, encore moins lorsqu’elle impose des discriminations, n’a sa place en France. Et certainement pas dans une entreprise stratégique comme Air France ! Mais que fait le gouvernement ? »
Thomas Portes, député La France insoumise (LFI), a également réagi avec virulence. Il a estimé : « Israël pratique l’apartheid. Honte à Air France qui se couche devant les demandes d’un gouvernement génocidaire ». Rima Hassan, eurodéputée LFI, est allée dans le même sens en affirmant qu’« Air France discrimine ses salariés sous les ordres d’Israël ».