DGSN : un réseau criminel international démantelé à Oran

La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a annoncé le démantèlement d'une organisation criminelle internationale qualifiée de « hautement dangereuse » par les services de sécurité. Sixante et un ressortissants marocains ont été arrêtés à Oran après leur entrée clandestine sur le territoire algérien. Selon les premiers éléments de l'enquête, ces individus préparaient des actes de sabotage visant l'ordre public.

L'intervention a eu lieu début octobre sous l'autorité du parquet compétent. Les effectifs du Service de wilaya de la police judiciaire d'Oran ont identifié l'ensemble des membres de la cellule et les ont localisés avant le déclenchement de leur plan. Parmi les personnes placées en garde à vue figure un ancien militaire de l'armée marocaine, un profil qui a retenu l'attention des services spécialisés. La DGSN décrit une structure organisée, dotée de moyens financiers et d'une logistique rodée, dont les intentions dépassaient largement la simple délinquance transfrontalière. Les investigations préliminaires ont mis en évidence une préparation méthodique d'opérations de déstabilisation.

Un itinéraire complexe via la Tunisie et les maquis d'El Kala

L'itinéraire emprunté par les suspects illustre le degré de préparation du réseau. Plutôt que de tenter un passage direct par l'ouest, le groupe a choisi un détour aérien : arrivée à l'aéroport international de Tunis, puis progression terrestre vers l'Algérie. Une fois sur le territoire algérien, les individus ont utilisé des sentiers escarpés et des passages boisés recouverts de végétation dense dans la zone d'El Kala, située dans la wilaya d'El-Tarf à la frontière tunisienne. Cette topographie complexe, qui complique considérablement les opérations de surveillance, leur a offert une voie de traverse discrète. Depuis ce point d'entrée, ils ont parcouru la distance jusqu'à Oran, située au bout opposé du pays.

La perquisition menée dans le cadre de l'opération a permis de récupérer un lot de passeports marocains ainsi que des sommes d'argent libellées en dirhams et en euros. Ces fonds doivent désormais permettre aux enquêteurs de remonter la chaîne de financement du groupe. L'ensemble des 61 mis en cause a été présenté devant le procureur de la République près le pôle pénal spécialisé d'Oran, juridiction compétente pour les affaires de criminalité organisée et les atteintes à la sûreté de l'État.

Cette affaire s'inscrit dans une série d'opérations menées depuis le début de l'année contre des structures transnationales. En août, un travail d'investigation de six mois avait abouti à vingt-six arrestations dans une affaire mêlant trafic de migrants et blanchiment, avec la saisie d'une embarcation et de plusieurs millions de dinars. La question de la présence de ressortissants marocains dans des dossiers sensibles n'est pas non plus inédite. L'été dernier, le ministère de la Défense nationale avait fait état du démantèlement d'une cellule du groupe terroriste MAK comptant quatre Marocains en situation irrégulière à Tizi Ouzou.