Rapport sur le climat : l’OPEP salue le cap fixé par l’Algérie à l’horizon 2035

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a publié son premier rapport annuel consacré spécifiquement à l'environnement, au climat et au développement durable. Ce document met en lumière les efforts déployés par l'Algérie pour diversifier son mix énergétique, tout en dressant un constat global sur les progrès inégaux réalisés à l'échelle internationale face aux Objectifs de développement durable à l'horizon 2030.

Le rapport détaille la stratégie algérienne qui vise à atteindre 15 gigawatts (GW) de capacités renouvelables d'ici 2035. Selon les données présentées, plus de 3 GW ont déjà été mis en place. L'Algérie développe également des solutions hors réseau destinées aux zones isolées et porte la réalisation d'un programme solaire de 3,2 GW réparti sur 22 centrales. « En avril 2026, deux centrales photovoltaïques totalisant 400 mégawatts (MW) ont été mises en service. Plus de 1,4 GW de capacités supplémentaires devaient être progressivement mis en service au cours de l’année 2026 », précise le texte.

Investissements et efficacité énergétique

Pour soutenir cette transition, l'OPEP cite un plan d'investissement global de 60 milliards de dollars pour la période 2025-2029. Ce budget couvre à la fois les activités en amont des hydrocarbures et le développement des énergies renouvelables. « Ce plan s’inscrit dans une démarche qui comprend également un programme de reboisement de 520 000 hectares et l’engagement de ramener le torchage du gaz à moins de 1% d’ici à 2030 », note le rapport, qui mentionne aussi les investissements algériens dans les infrastructures hydrauliques.

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Sur le front de l'efficacité énergétique, le document souligne un ralentissement mondial des progrès. L'amélioration de l'intensité énergétique primaire est passée de 2,4 % en 2022 à 1,5 % en 2023. « Pour atteindre la cible de l’Objectif de développement durable relatif à l’efficacité énergétique, l’amélioration annuelle moyenne devrait s’élever à environ 4,2% entre 2024 et 2030 », indique le rapport, alors que les premières estimations pour 2024 n'affichent qu'une amélioration d'environ 1 %.

En Algérie, le programme national dédié aux bâtiments, aux transports et à l'industrie vise des économies de 63 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) et l'évitement d'environ 193 millions de tonnes de CO2 d'ici 2030. L'OPEP présente cette approche intégrée comme un exemple significatif de gestion des ressources énergétiques.

Hydrogène vert et coopération internationale

Le développement de l'hydrogène propre constitue un autre axe majeur du rapport. Des projets algériens de production et d'exportation sont actuellement en cours de développement. « Le pays vise des exportations annuelles de 30 à 40 térawattheures (TWh) vers l’Europe à l’horizon 2040, à travers des projets pilotes et la coopération internationale », souligne l'organisation.

Cette dynamique de coopération s'est illustrée lors du Salon Energia Expo, organisé à Alger du 21 au 23 avril 2026. L'événement a permis de mettre en avant « les partenariats internationaux et la coopération énergétique entre l’Algérie et l’Union européenne, en particulier dans les domaines des interconnexions électriques transfrontalières et du développement de l’hydrogène vert ».

Le document de l'Opep traite par ailleurs des stratégies d'adaptation face au réchauffement climatique, en mettant l'accent sur la gestion de l'eau, la protection des écosystèmes ainsi que la lutte contre la désertification. Il est souligné que l'Algérie a institué son Agence nationale des changements climatiques dès 2005 et que son Plan national climat intègre des actions concrètes d'adaptation.

À l'échelle mondiale, le rapport met en exergue la persistance de besoins financiers majeurs pour le climat dans les pays en développement. En 2024, les flux publics internationaux affectés aux énergies propres dans ces régions se sont élevés à 24,6 milliards de dollars. Selon les données de l'Opep, près de 80 % de ces fonds ont été mobilisés sous forme de prêts, les dons ne représentant qu'une part inférieure à 13 %.

Enfin, le rapport précise que l'Algérie est l'un des 36 États ayant soumis une revue nationale volontaire devant le Forum politique de haut niveau des Nations unies sur le développement durable, réuni en juillet 2026. Cette instance a examiné des thématiques clés telles que l'énergie, les infrastructures et les mécanismes de réalisation des Objectifs de développement durable. L'Opep rappelle que la contribution algérienne s'est articulée autour des débats portant sur l'accès à l'énergie, la diversification économique, les infrastructures, les technologies et les trajectoires de développement arrêtées au niveau national. Zhor Hadjam