Le Commandement de la Gendarmerie nationale a publié mercredi une vidéo destinée à alerter la population sur les méthodes utilisées par des individus se faisant passer pour des agents de sécurité ou des fonctionnaires. Ce support audiovisuel intègre des enregistrements authentiques d’appels frauduleux afin de démontrer concrètement comment les escrocs obtiennent les informations relatives aux cartes bancaires de leurs victimes.
Dans ces extraits, les fraudeurs adoptent un ton professionnel et un vocabulaire administratif soigneusement choisi pour instiller une confiance immédiate. Ils invoquent généralement un blocage imminent de la carte monétique pour justifier leur demande de coordonnées. Cette fabrication d’une urgence soudaine empêche la cible de réfléchir et constitue le mécanisme central de l’arnaque. Ce mode opératoire n’est pas récent : la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Gendarmerie avaient déjà émis une alerte commune en juillet dernier concernant de faux policiers ciblant les comptes postaux, confirmant la persistance du phénomène.
Le code OTP : une donnée sensible à ne jamais communiquer
Le communiqué met en exergue le rôle crucial du code de vérification OTP (One-Time Password) reçu par SMS. Ces chiffres ne sont pas anodins ; ils permettent un accès direct au compte financier de l’usager. Les transmettre à un tiers revient à lui confier les clés de son compte bancaire ou postal. L’opération est rapide, mais ses conséquences peuvent être immédiates et irréversibles pour l’épargne de la victime.
Algérie Poste rappelle depuis plusieurs mois qu’elle ne sollicite jamais de numéro de carte ni de mot de passe temporaire. Le principe reste sans exception : ni les services de sécurité, ni les services postaux ne réclament ces codes secrets lors d’un échange téléphonique. Dès qu’une telle demande est formulée, l’interlocuteur est un fraudeur, indépendamment de la crédibilité de son discours ou des informations qu’il prétend détenir.
Face à l’évolution rapide des escroqueries numériques, notamment vis-à-vis des clients de BaridiMob qui font l’objet de vagues de messages et d’appels, la Gendarmerie nationale recommande de raccrocher immédiatement sans engager de discussion. Tout appel suspect doit ensuite être signalé aux autorités compétentes via le numéro vert 10-55.
Pour les personnes ayant déjà communiqué leurs données, la réaction doit être rapide. Algérie Poste a listé trois gestes d’urgence à accomplir lorsqu’un compte BaridiMob est compromis, dont un passage au guichet automatique le plus proche. La sensibilisation des proches, en particulier des personnes âgées ou des usagers peu familiers du numérique, constitue une barrière essentielle. Vos codes vous appartiennent ; personne, pas même un interlocuteur se présentant comme un agent officiel, n’a le droit de les exiger.