Production d’huiles et d’éthylène : Sonatrach retient quatre consortiums

Sonatrach a retenu quatre consortiums internationaux pour concourir aux appels d'offres concernant deux complexes industriels majeurs : la production d'huiles de base à Arzew et celle d'éthylène à Skikda. Cette préqualification, issue d'une procédure lancée en août 2025, ouvre une phase décisive de mise en concurrence pour les contrats d'ingénierie, de licences de procédés et de gestion de projet (PMC). Les entreprises chinoise, égyptienne, espagnole et britannique sélectionnées vont désormais soumettre leurs offres techniques et financières afin de permettre à l'opérateur algérien de choisir la technologie la plus adaptée à ses installations.

Selon les informations rapportées par la plateforme spécialisée MEED, le panel des candidats retenus comprend la société chinoise China HuanQiu Contracting & Engineering (HQC), l'égyptienne Enppi, l'espagnole Tecnicas Reunidas et le groupe britannique Wood. Ces acteurs s'affronteront pour décrocher les prestations d'études d'avant-projet détaillé (FEED), la fourniture des licences technologiques et le conseil en gestion de projet. L'enjeu est stratégique, car il s'agit de sécuriser les intrants essentiels du tissu industriel national, notamment pour la fabrication de lubrifiants moteurs et industriels ainsi que pour les applications chimiques et plastiques.

Des choix technologiques déterminants pour les coûts et les spécifications

Cette étape de préqualification ne constitue pas encore l'attribution des contrats de construction (EPCC) ni le lancement effectif des travaux sur le terrain. Elle a permis à Sonatrach de fixer la liste définitive des candidats après plusieurs prorogations de la procédure initiale. Le choix des procédés industriels s'avère désormais déterminant, car il fixera les spécifications techniques des produits finis, la consommation énergétique des futurs sites, ainsi que les coûts d'exploitation et de maintenance. Les études FEED permettront également de préciser l'enveloppe budgétaire et le périmètre exact de chaque projet.

Sur le plan industriel, le projet d'Arzew prévoit l'implantation d'une unité de production d'huiles de base de Groupes II et III directement intégrée à la raffinerie. Selon les standards de l'industrie, les huiles de Groupe II présentent une plus faible teneur en soufre et une meilleure stabilité thermique que les huiles conventionnelles (Groupe I). Celles du Groupe III, plus élaborées, sont indispensables à la formulation des huiles moteurs modernes à faible viscosité et des lubrifiants industriels de haute performance. La production locale de ces composants permettra de consolider la chaîne de valeur nationale en créant des synergies entre le raffinage et les unités locales de formulation, réduisant ainsi la dépendance aux aléas des importations.

Un cap fixé à 50 % de transformation locale des hydrocarbures

À Skikda, le projet vise l’édification d’un complexe pétrochimique centré sur l’éthylène, une molécule essentielle pour produire du polyéthylène et différentes dérivés chimiques. Présent dans l’emballage, les films agricoles et les matériaux de construction, cet éthylène est au cœur de l’industrie plastique contemporaine. Bien que cette infrastructure représente une chance significative d’élargir la base pétrochimique nationale, l’exploitation optimale de cette ressource exige la mise en place d’un écosystème industriel complet, englobant les unités de transformation aval, les infrastructures de transport et les installations de stockage.

Ces deux initiatives s’intègrent au programme pluriannuel de développement de la pétrochimie (2025-2029), qui dispose d’un budget total de 7 milliards de dollars. L’objectif affiché par ce plan est d’augmenter le taux de transformation locale des hydrocarbures, passant de 32 % à 50 %, traduisant ainsi une volonté nette d’upgrading de l’appareil productif national. La préqualification des quatre groupes constitue un progrès tangible dans le calendrier du projet, toutefois les phases suivantes — sélection définitive des technologies, définition précise des capacités de production, conclusion des contrats de réalisation et transfert de compétences — détermineront l’incidence effective de ces investissements sur l’économie nationale.