Les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie connaissent une diminution significative, évaluée à 600 millions d’euros en 2025. Cette baisse, qui passe de 4,8 milliards d’euros en 2024 à près de 4,2 milliards d’euros, est attribuée à une conjoncture politique tendue entre les deux pays, ainsi qu’à une diversification des importations algériennes et au développement de la production locale.
Baisse des exportations françaises vers l’Algérie en 2025
Selon l’économiste Othmane Athamnia, la dégradation du climat politique entre Alger et Paris a pu contribuer à renforcer l’incertitude chez les opérateurs économiques. Il précise : « La stabilité des relations bilatérales et la visibilité offerte aux entreprises constituent des éléments déterminants pour le développement des échanges commerciaux et des investissements. » Cette période de tensions, s’étendant de juillet 2024 à février 2026, a engendré des incertitudes pour les entreprises des deux pays. L’économiste souligne que les périodes d’échanges commerciaux avec des relations politiques tendues présentent une concomitance avec des fluctuations dans les échanges. Il ajoute : « Cette corrélation ne permet pas, à elle seule, d’attribuer l’intégralité de la baisse des exportations françaises au facteur politique. »
Le recul des exportations françaises touche plusieurs secteurs. L’économiste a notamment identifié une baisse dans les équipements liés à l’industrie automobile, les machines, les produits chimiques, les produits pharmaceutiques et certains produits alimentaires. Cette évolution contraste avec la structure des exportations algériennes vers la France, où les hydrocarbures représentent une part importante, et dont la valeur peut varier en fonction des cours internationaux du pétrole et du gaz.
Parallèlement, l’Algérie poursuit une stratégie de diversification de ses partenaires commerciaux et de développement de sa production locale. Cette diversification vise à réduire la dépendance à un nombre limité de fournisseurs étrangers et à élargir les possibilités d’approvisionnement. Othmane Athamnia met en avant le secteur pharmaceutique comme un exemple : « Lorsque certains produits auparavant importés peuvent désormais être fabriqués en Algérie, les besoins d’approvisionnement auprès de fournisseurs étrangers peuvent mécaniquement diminuer. » Cette dynamique s’inscrit dans la volonté des autorités algériennes de soutenir la production nationale et de réduire progressivement la dépendance aux importations dans plusieurs filières, notamment dans le cadre d’une politique visant à diversifier l’économie au-delà des hydrocarbures. L’accès au marché algérien pourrait ainsi dépendre davantage de la capacité des fournisseurs étrangers à participer à l’investissement local.