Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réactivé le dossier de la réforme du secteur agricole lors d’une réunion du conseil des ministres tenue le 20 septembre. Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’améliorer l’efficacité et de sécuriser l’approvisionnement alimentaire national. L’objectif principal, tel que déclaré dans le communiqué officiel, est «réduire les importations et s’orienter vers l’autosuffisance dans le secteur». Cette orientation est justifiée par le contexte international marqué par des perturbations des transports maritimes, notamment en raison de la crise au Moyen-Orient et de la guerre en Ukraine. La nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces dans le secteur agricole est également liée à la nécessité de stabiliser les prix des produits agricoles, notamment des viandes blanches et rouges, ainsi que des produits frais, face à des fluctuations du marché. Le dernier bilan de l’Office national des statistiques pour le mois de juillet révèle une augmentation de 13,2% pour les produits agricoles frais, en une année.
Relancement du projet de réforme agricole
Le président Tebboune a ordonné au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche d’«élaborer un bulletin mensuel». Il a également exigé «la numérisation immédiate» du système de suivi de la production agricole. Les Walis sont chargés «d’assurer un suivi rigoureux, afin de déterminer les niveaux et volumes de production des différentes variétés de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur». Cette démarche vise à améliorer les outils de suivi de la filière céréalière, stratégique pour le pays. Par ailleurs, il a instruit de «la numérisation immédiate du système de paiement des récoltes agricoles au niveau des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC)» et de «travailler en étroite collaboration avec l’Office national des statistiques». Il a également demandé de «revoir le rôle de l’OAIC et des instituts spécialisés du secteur de l’agriculture pour améliorer leurs performances et les moderniser et lutter contre toutes les formes de dérives dans le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche». Une approche qui implique «travailler en étroite collaboration avec l’Office national des statistiques».
Un programme national de cartographie et d’étude des sols est envisagé, en coordination avec les laboratoires. L’objectif est de «déterminer et classifier la nature des terres agricoles dans toutes les zones cultivées et de s’orienter vers l’utilisation des eaux usées dans l’irrigation». Cette stratégie vise à «en finir avec la mentalité de la dépendance totale aux précipitations, avec l’impératif de labourer et de préparer la terre en toutes circonstances, sachant que le secteur de l’irrigation vise à récupérer 60% des eaux usées». L’implémentation de ces mesures nécessite une collaboration étroite entre les différents acteurs du secteur. Il est prévu de «lancer un programme national de cartographie et d’étude des sols, en coordination avec les laboratoires, pour déterminer et classifier la nature des terres agricoles dans toutes les zones cultivées et de s’orienter vers l’utilisation des eaux usées dans l’irrigation».