Jeudi 1er octobre, Houria Meddahi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, a présidé au siège de son département une réunion de coordination destinée à actualiser l’inventaire des terrains proposés aux investisseurs par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement. Cette rencontre, à laquelle ont participé les cadres centraux et l’Agence nationale du foncier touristique (ANFT), a permis de dresser un état des lieux précis du portefeuille foncier dédié à l’investissement touristique. Le bilan fait ressortir que 294 projets hôteliers agréés sont actuellement en cours de réalisation dans les zones d’expansion touristique (ZET), dont une large majorité s’appuie sur des propriétés privées.
Une dépendance majeure au foncier privé
Sur l’ensemble des 294 dossiers en cours, 183 sont implantés sur des terrains appartenant à des particuliers, tandis que 111 relèvent du droit de concession sur des terrains publics. Les actifs privés accueillent ainsi plus de 62 % des projets en cours de développement. Cette répartition souligne que l’extension de l’offre hôtelière repose largement sur la mobilisation de propriétaires privés, y compris à l’intérieur des périmètres des ZET.
Cette dynamique intervient dans un contexte où le parc hôtelier demeure limité. En avril dernier, la ministre avait recensé 258 établissements pour 20 000 lits dans le seul Grand Sud. Pour Houria Meddahi, le développement du tourisme intérieur et saharien passe par la mise à disposition de terrains clairs, aménagés et exploitables, tout en appelant à lever les obstacles administratifs et techniques qui freinent la concrétisation des projets.
Houria Meddahi inaugure Alcazar Tlemcen : nouvelle marque hôtelière algérienne
Expansion du maillage territorial et nouvelles infrastructures
Réparti sur le territoire de 50 wilayas, le portefeuille foncier touristique national englobe 238 zones d’expansion et sites classés. Sur ce total, 86 ZET bénéficient d’un plan d’aménagement touristique établi, tandis que 25 ont déjà vu des travaux d’aménagement s’y dérouler. L’ensemble de ces espaces couvre la diversité des activités touristiques, allant du balnéaire au thermal, en passant par les segments montagnard, culturel et saharien.
Sous le suivi de l’ANFT, le ministère a engagé l’aménagement de dix nouvelles ZET avec une enveloppe budgétaire dépassant les 10 milliards de DA. Cette initiative porte sur les wilayas de Biskra, Naâma, Djanet, El Oued, Khenchela, Skikda, Tizi Ouzou, Annaba, Mostaganem et Boumerdès. Les opérations menées dans ces localités visent à libérer 70 assiettes foncières pour les investisseurs, afin qu’ils y érigent des villages touristiques, des hôtels, des bungalows ou des complexes intégrés.
Parallèlement, le bornage des ZET a été engagé afin de protéger ces espaces contre les empiètements et les détournements de vocation. Cette opération, qui mobilise les services des Domaines, la conservation foncière et les autorités locales, vise également à améliorer la connaissance du stock foncier touristique disponible.
Vers un fichier numérique et des procédures simplifiées
Afin d’assainir les données relatives au foncier touristique, la ministre a donné plusieurs instructions. Il s’agit notamment d’achever l’inventaire des terrains, en particulier ceux des ZET aménagées et raccordées aux réseaux, ainsi que de finaliser les travaux d’aménagement et de raccordement. L’accompagnement des investisseurs et le levage des barrières administratives restent des priorités affichées.
L’exécutif entend aussi encourager des formules légères d’hébergement, telles que les bungalows et les campings familiaux équipés. Une étape clé sera la création d’un fichier national numérique du foncier touristique. Cet outil permettra d’indiquer pour chaque terrain son statut juridique, sa superficie, sa localisation, son état de raccordement aux réseaux et les types de projets envisageables. L’objectif est de garantir aux investisseurs un accès à des informations claires et fiables.
Ce dossier figure régulièrement à l’agenda du ministère. En août dernier, Houria Meddahi avait déjà réuni les responsables de Jijel, de Skikda et d’Oran pour traiter de l’assainissement du foncier touristique. La ligne directrice demeure inchangée : proposer aux investisseurs des terrains réellement exploitables pour soutenir la croissance du secteur.