Le projet SoutH2 Corridor franchit une étape décisive avec la signature, jeudi à Alger, de la déclaration ministérielle portant son nom. Ce document, conclu au centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, formalise l'engagement des ministres de l'énergie de l'Algérie, de la Tunisie, de l'Italie, de l'Autriche et de l'Allemagne. Il prévoit notamment la création d'un secrétariat dédié au soutien technique, établi avec l'accompagnement de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Cette initiative est présentée comme un levier majeur pour l'intégration régionale et euro-méditerranéenne dans le secteur des énergies vertes.
Un flux annuel de 4 millions de tonnes d'hydrogène vert
Le cœur opérationnel du projet repose sur le transport de 4 millions de tonnes d'hydrogène vert par an depuis l'Algérie vers les trois pays européens partenaires. Ce trajet couvre une distance de 3 000 km. Ce volume correspond à 10 % de la demande européenne estimée pour ce combustible propre à l'horizon 2040. La Déclaration souligne l'importance stratégique de cette infrastructure comme outil de coopération énergétique entre les deux rives de la méditerranée.
Les partenaires s'engagent à instaurer un dialogue régulier et structuré pour accompagner le développement du projet. Ils se disent pleinement déterminés à œuvrer de concert afin de bâtir un partenariat fructueux dans le domaine énergétique, tout en contribuant au renforcement des relations économiques générales.
Des fondations posées dès octobre 2024
Le processus a été lancé en octobre 2024 par la conclusion d'un mémorandum d'entente entre Sonatrach, Sonelgaz et un consortium d'acteurs européens composé de la société allemande VNG, des entités italiennes Snam et Sea Corridor, ainsi que de l'autrichienne Verbund Green Hydrogen. L'objectif de cette collaboration est de mener les études requises pour déterminer la viabilité technique et économique d'un dispositif intégré visant à produire de l'hydrogène vert sur le sol algérien et à l'exporter vers l'Europe.
Cette impulsion a pris une ampleur nouvelle durant le déplacement en Allemagne du chef de l'État, M. Abdelmadjid Tebboune, effectué en juillet dernier. À cette occasion, Sonatrach a conclu deux protocoles d'accord avec les groupes Robert Bosch et Siemens Energy. Ces engagements portent sur l'intensification des échanges dans le cadre de la transition énergétique, en ciblant spécifiquement la fabrication d'électrolyseurs, la production d'hydrogène, l'entretien et la réparation des installations, ainsi que les actions de formation.
Une continuité depuis la réunion de Rome
Cette déclaration d'Alger fait suite à une première réunion des ministres concernés, tenue à Rome en janvier 2025. Celle-ci avait abouti à la signature d'une Déclaration commune d'intentions politiques sur ce projet stratégique. Les parties s'y étaient engagées à intensifier leur collaboration au sein d'un groupe de travail commun pour développer cette infrastructure énergétique.
La deuxième réunion ministérielle, qui a précédé la signature de la Déclaration d'Alger, s'est ouverte en présence du ministre d'État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et du ministre de l'Industrie, Farid Kourtel. Les ambassadeurs des États partenaires ainsi que des représentants des entreprises engagées dans le projet SoutH2 Corridor assistaient également aux travaux.