Le sommet Algérie-Espagne reporté

Le sommet entre l’Algérie et l’Espagne, initialement prévu pour les 20 et 21 octobre à Madrid, a été reporté. L’exécutif espagnol a décidé de suspendre la VIIIe Réunion de haut niveau, qui devait réunir le président Abdelmadjid Tebboune et le chef du gouvernement Pedro Sánchez. Selon le quotidien The Objective, s’appuyant sur des sources diplomatiques, cette décision a été communiquée aux autorités algériennes dans les dernières heures. Aucune nouvelle date n’a été fixée pour ce rendez-vous, qui est désormais suspendu sans échéance définie.

Une absence de justification officielle

Madrid n’a fourni aucune explication publique concernant les motifs de ce report. Les sources officielles espagnoles sont restées silencieuses sur les raisons ayant conduit à cette annulation soudaine. Le média ayant révélé l’information décrit la situation comme une suspension indéterminée. Ce gel intervient alors que les préparatifs étaient en cours d’achèvement. Les équipes des deux capitales avaient finalisé l’essentiel du programme, prévoyant des entretiens officiels le premier jour, suivis de forums d’affaires et d’activités institutionnelles conjointes le lendemain. Le calendrier ne laissait apparaître aucun élément susceptible de provoquer un tel arrêt.

Le format institutionnel qui structure le plus fortement le dialogue entre Alger et Madrid est la Réunion de haut niveau. Ce mécanisme réunit les deux chefs d’exécutif, entourés de leurs ministres respectifs, afin de trancher sur l’ensemble des sujets communs. L’édition la plus récente s’est tenue à Alger en avril 2018. Après sept années d’inactivité, la décision de relancer ce dispositif a été prise le 20 juillet dernier. À cette date, Pedro Sánchez s’est rendu au palais d’El Mouradia à Alger. C’est depuis cette capitale algérienne qu’il a annoncé la tenue du sommet à l’automne, précisant que des consultations politiques préalables permettraient d’en garantir la réussite.

La continuité des échanges énergétiques

Ce déplacement estival de Sánchez marquait un tournant diplomatique. Il s’agissait de sa première visite en Algérie depuis l’ouverture de la crise en 2022.  Les préparatifs se sont poursuivis jusqu’à fin septembre. Le 25 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares s’est entretenu avec le ministre d’État Ahmed Attaf. L’objectif affiché de cette entrevue était de finaliser l’organisation du sommet d’octobre. Les deux ministres ont également évoqué la tenue d’un forum économique bilatéral adossé à la rencontre des chefs d’exécutif, confirmant la volonté des deux capitales de donner une traduction concrète au réchauffement politique.

Au-delà du contretemps protocolaire, les fondamentaux économiques de la relation demeurent. Madrid a confirmé qu’en 2026, l’Algérie occupera le rang de premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne. Lors de son passage à Alger en juillet, Pedro Sánchez avait listé les chantiers prioritaires : migration, sécurité, énergie, industrie et infrastructures. La délégation espagnole accompagnant le chef du gouvernement incluait les dirigeants de Naturgy, Repsol, Enagás et Moeve. Les discussions portaient alors sur le gaz, l’hydrogène vert et la reconstruction d’un traité d’amitié. Même durant la période de rupture diplomatique ouverte en 2022, les livraisons via le gazoduc Medgaz n’ont jamais été interrompues, assurant la continuité du partenariat énergétique.