Brent au-dessus de 100 $ malgré la reprise des flux au moyen-orientaux

Les cours du pétrole résistent à la reprise des exportations moyen-orientales. Début octobre 2026, le Brent se négocie toujours au-delà du seuil psychologique des 100 dollars par baril, tandis que le WTI évolue autour de 89,6 dollars. Les flux de brut en provenance de la région se sont rapprochés de leurs niveaux d’avant-guerre, mais les prix restent plus élevés qu’au début du conflit. Cette persistance s’explique par un ensemble de tensions structurelles et géopolitiques qui continuent de soutenir la demande sur le marché.

Risque d’escalade et capacités limitées de contournement

La menace d’une reprise des hostilités constitue le principal point de tension. La présence accrue de forces américaines dans le Golfe, incluant un porte-avions additionnel, conjuguée aux incidents ciblant toujours certains bâtiments, alimente les inquiétudes quant à de nouvelles interruptions. En 2025, le détroit d’Ormuz a vu passer environ 20 millions de barils quotidiens de pétrole brut et de produits raffinés, ce qui représente approximativement un quart du commerce maritime mondial de l’or noir. Toutefois, les options de contournement disponibles sont limitées à une fourchette comprise entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour.

Parallèlement, les réserves mondiales constatées ont diminué de 507 millions de barils au cours de la période allant de février à août 2026, ce qui correspond à une réduction moyenne quotidienne de 2,8 millions de barils. Selon les projections de l’EIA, l’Agence américaine d’information sur l’énergie, cette tendance baissière devrait se maintenir jusqu’à la clôture de l’année 2026.

Tensions persistantes sur le raffinage et les produits dérivés

La reprise des livraisons de brut ne résout pas à elle seule les difficultés rencontrées par le secteur du raffinage. Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, a indiqué que les exportations de brut avaient largement repris, alors que les flux de produits raffinés restaient fortement limités. Cette situation est aggravée par les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes, qui accentuent les tensions sur l’offre mondiale. En août, les exportations nettes de diesel et de gasoil en provenance du Golfe et de Russie ont diminué d’environ 1,6 million de barils par jour par rapport au niveau de février. Ces deux régions représentaient auparavant près de 45 % du commerce maritime mondial de ces carburants.

Libération de réserves stratégiques par le G7

Face à cette pression, le 2 octobre 2026, les dirigeants du G7 ont convenu de libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de pétrole brut dans les quatre mois, et de ne pas interdire les exportations entre pays membres. Cette décision s’inscrit dans un effort plus large pour stabiliser le marché. Environ 325 millions de barils avaient déjà été libérés dans le cadre d’un engagement initial de 400 millions annoncé en mars.